jeudi 23 mars 2017

Le fromage végétal en action : le test de la pizza [Violife VS Homemade]

Les gars, je vous le demande, quoi de mieux que de mettre des ingrédients dont on attend des preuves sur le ring?

Je vous en parlais, je trouve souvent que l'on véganise à tord certains aliments (si tu veux lire mes élucubration ...) . Depuis je n'ai pas changé d'avis (bah quoi, en trois jours il peut s'en passer des trucs hein!), mais j'ai ressorti de mon chapeau magique d'articles en attente depuis mille ans deux recettes de pizza véganes.


J'ai donc essayé deux méthodes de "fromage" végétal. J'ai eu l'occasion de comparer les avis et je suis assez d'accord sur le fait que le mot fromage ne me convient pas vraiment pour le végétal, mais que son usage étant le même, il semble assez logique de l'utiliser pour désigner cet aliment venu du monde des herbacés!
Le premier fromage est un fromage biologique de la marque violife, conçu pour les pizzas.
Et le second n'est autre que la recette de season square de fromage au tapioca.

J'étais très curieuse du fromage de violife. Acheté chez Un monde vegan lors d'une passage à Paris (même perdue, j'arrive à repérer la rue du magasin, y'a pas à dire, j'ai vraiment un sens de l'orientation de poney gourmand), j'avoue qu'il m'avait un peu vendu du rêve dans sa jolie barquette (aaah le marketing).
En vérité, j'ai trouvé qu'il n'avait pas bon goût, comme d'habitude, et qu'il ne fondait pas bien non plus.
J'ai du me forcer pour manger une partie de la pizza et j'ai béné le reste, c'était injouable que doudou accepte de manger ça, grand fan de fromage qu'il est, et moi j'aurais pas pu.
En fait, j'ai vraiment trouvé ça pas bon, ça avait ce goût de gras chimique que j'ai retrouvé dans tous les fromages végétaux en barquette, malgré tous les avis positifs vus sur la marque.
Voyez par vous-même ce que ça donne (les amas sont le fromage, les "fils" sont de l'oignon).


Ca file, mais version gluant pâteux.

Ensuite, j'avais dans ma liste de recettes à faire le fromage de season square, avec de la farine de tapioca.
Ce truc là c'est un peu comme le graal : si tu tombes dessus t'en prends, WATHEVER, parce que ça se vend franchement pas partout.
J'ai acheté ma fécule à Amsterdam l'an dernier, il m'a fallu presque une année pour passer le cap.
Ce fromage là est super agréable à manger. Il a le goût de la bière et de l'ail qu'on a mis dedans, du coup c'est un petit goût fermenté et aillé un peu costaud , c'est chouette quoi! Après je mettrais un petit bémol parce que si t'en mets trop épais c'est un peu écoeurant parce que c'est un peu gluant aussi, donc étale bien !
J'envisage d'ailleurs déjà de l'utiliser pour d'autres préparations parce que c'est une sorte de passe partout qui donne une mâche vraiment sympathique et peu présente en cuisine végétale.


Sans surprise donc, le fait maison a ma grosse préférence.
Voici donc la recette!

1/2 recette de pâte à pizza maison (n'hésite pas à en faire une recette entière et congeler la deuxième moitié, surtout si tu fais ça au robot, ça te facilitera le travail).
Un bocal de tomates concassées
Quelques feuilles de basilic (frais ou congelé!)

Le fromage végétal de season square
(j'ai modifié la quantité de tofu soyeux pour n'ouvrir qu'une seule demi barquette de 120 g ça n'a rien changé visiblement!)

120 g de tofu soyeux
50 ml de bière
25 ml d'huile d'olive (initalement de pépins de raisins dans la recette, mais l'huile d'olive c'est tellement bonnnn)
40 g de farine de tapioca (à voir si d'autres fécules fonctionneraient)
2 gousses d'ail (CA PETE MON CAPITAINE)
1/2 cuillère à café de sel


1 - Tu mets ton ail à revenir dans l'huile d'oulive, jusqu'à ce que ça sente l'ail dans tout ton appart (tu verras, c'est très rapide et ça dure aussi longtemps que dans ta bouche quand t'auras mangé ta pizza).

2 - Tu ajoutes tout, sauf le tapioca, tu mixes avec un mixeur plongeant, hors du feu, tu mets le tapioca, et là tu remues bien au fouet SUR LE FEU (sinon ça risque d'être long), ça va devenir épais. Tu baisses ton feu et tu continues jusqu'à ce que ça colle franchement.

3 - Tu étales ça sur ta pâte à pizza sur laquelle tu auras déposé la tomates concassée (logique mais si je précise pas tu peux pas deviner hein!). Je te dis d'avance, c'est galère à étaler, c'est tout collé entre lui-même, j'ai pas essayé avec une poche à douille comme proposé dans l'article de season square, mais surtout sur la tomate, c'est bien chiant, donc j'ai fini par y aller avec les doigts. Parce qu'avec les doigts c'est toujours mieux et qu'on nous en a pas collé dix pour qu'on les garde dans le fond de nos poches!

4 - Enfourne à 250°C (canicule suprise pour la pizza!), et en fin de cuisson, avant que ça devienne noir, approche du grill pour faire colorer un peu le fromage de tapioca.
A la sortie du four, ajoute le basilic et déguste.




Comme tu pourras le constater, ça file bien, et même le chat a été intrigué (alors qu'elle mange même pas la pâté bio qu'on lui achète cette bougresse).
Carton plein pour moi!

Allez, je file, j'ai une réconciliation avec le fromage végétal à fêter moi ;-)

Et vous, vous avez déjà essayé le fromage végétal maison? 

Bisous les gars!

Délia ♥ 

dimanche 19 mars 2017

Doit-on tout véganiser ?

Il m'arrive assez peu de me poser la question des limites de la véganisation : à coeur vaillant, rien n'est impossible ;-) !
Il existe des similis pour beaucoup d'aliments dans le monde végétal.
On trouve donc des ersatz de viande, des ersatz de fromage, d'oeufs, de crème ; bref, de tout.
Je n'ai à priori par de problème avec l'idée d'imiter un aliment "d'avant", seulement, ce problème se pose par moments.
Jusqu'à quel stade doit-on se dire que c'est une bonne idée?

Alors déjà, la question peut se poser? Après tout pourquoi véganiser?
Par simple nostalgie avec des plats qui ont un petit coté madeleine de proust (tiens et parlons des madeleines d'ailleurs hein, je vous en prépare une recette!). Ce qu'on cherche à revivre dans ces cas, c'est plus un souvenir qu'autre chose.
Par ailleurs, la reprise d'un plat omnivore en version végane est plus de l'ordre de l'amusement ou du défi. Défi car il n'est pas toujours facile de tout transformer en végétal, mais surtout car c'est marrant de triturer les codes de l'alimentation à sa guise, comme un pied de nez.


Pour rendre un aliment végane, pas cinquante solutions ... On doit en retirer les produits animaux!
Dans certains plats, on peut simplement remplacer pour copier fidèlement, c'est ce que j'avais fait avec mon bourguignon de seitan. On retrouve alors l'aspect, et une grande partie des composantes du plat traditionnel, dans ces cas là on est vraiment dans le mimétisme pur et dur. Un vrai coup de poker ;) !
Plus qu'un simple remplacement, dans la pâtisserie, c'est parfois tout un procédé qu'on doit repenser, comme quand on utilise l'agar agar, qui nécessite de travailler d'une manière bien différente d'avec de la gélatine animale.
Le mieux reste encore à mes yeux de laisser son imagination réinventer complètement une idée, un concept de la cuisine. Ne plus s'accrocher à aucun souvenir de plat, partir en freestyle et laisser sa cuillère à bois et son instinct faire le reste. On ne véganise plus, on est végane.
La nuance a l'air mince, mais quand on n'a plus les souvenirs des plats en tête et en bouche, on finit par se détacher de sa zone de confort culinaire et partir en monde végétal, là où tout est plus vierge et à écrire qu'en traditionnel.

J'ai constaté que certains produits ont tendance à ne pas avoir mes faveurs en version végétale. Le fromages végétal en barquettes notamment.
J'avais acheté ça toute guillerette, en tranches, chez monoprix. La barquette ouverte, une odeur de plastique/chimique, et un goût qui l'ont conduit tout droit dans le copain andybag.
J'en ai goûté plusieurs depuis, aucun n'a su me satisfaire. Je leur trouve toujours un arrière goût gras et rance, un truc qui me lève le coeur direct. Mais on en voit toujours plus sortir. Parce qu'on cherche à tout prix à recréer le fromage.
Je crois que le secret des fromages Jay and Joy (les seuls vromages artisanaux goûtés jusqu'ici), c'est qu'ils ont été conçus avant tout pour être bons, et non pas pour ressembler à quelque chose qu'il ne sont pas à tout prix, même celui d'être inbouffables ou passables.

C'est bien là que se situe le problème à mes yeux.
On pourra bien déguiser une tomate en fraise, ça deviendra compliqué à partir d'atomes d'une tomate de recréer une fraise, pas vrai?
Alors pourquoi diable pense t'on qu'on pourra copier fidèlement un fromage en sa version végétale?
Par quel saint miracle pourrait-on reproduire à l'identique?
Bon, si j'ai autant la haine contre les similis loupés, c'est pas pour autant que j'aime pas l'idée de similier. C'est juste que quand c'est raté, faut bien l'admettre.
A quoi bon se leurrer.

Le gros souci des similis en fait, c'est de vouloir à tout prix se traverstir.
Jouer un rôle d'imposture.
Je répète, je suis complètement pour les similis, mais dans une condition assez simple : qu'ils restent à leur place et qu'ils essayent d'être comme ils sont, mais bons.
C'est bien connu, copier c'est rarement égaler. Les vuittons de contrefaçon sont repérables à 10 000 kilomètres pour les connaisseurs, alors n'allons pas nous faire croire qu'on va ressentir la viande avec un steak végétal, ce serait nous mentir. Tout comme pour la contrefaçon, on a tous été (sauf rares exceptions), des connaisseurs de viande, de fromages, et de bien des manières, de produits animaux.


C'est là que je veux en venir. Je pense que tout tient à notre perception de ces produits, et aussi à leur but au moment de la création.
Si je peux comprendre qu'on veuille s'approcher des standards omnivores sur des visuels, on se doit quand même de garder comme volonté unique de faire quelque chose de savoureux, car c'est à mon sens l'essence même de la discipline culinaire.
Si je suis d'accord pour manger des saucisses végétales qui n'ont pas autre chose que l'aspect, je ne suis pas d'accord pour manger ces dernières si leur texture ou leur goût ne sont rien d'autre que mauvais.
Trouver des nouvelles sensations, des nouveaux noms, pour des procédés ou même des produits qui n'ont plus grand chose à voir avec leur homologue omnivore.
Pourquoi alors ne pas juste admettre qu'au delà de toute idée de ressemblance, ce qui primerait, c'est la qualité gustative?

Et ça, omnivore ou non, c'est universel.

Je pense qu'on gagnerait même certainement à présenter ça comme un "tartinable végétal" plutôt que comme un fromage ou un pâté. Les attentes ne seront pas les mêmes, et on prendrait le produit pour ce qu'il est, et non pas pour ce qu'on attend de lui. Après tout, on n'est rarement déçu quand on n'a aucune attente mais juste de la curiosité à l'égard d'un nouveau plat à déguster, pas vrai?

La réponse n'est donc pas catégorique : Véganiser, oui, mais pas à n'importe quel prix, et surtout pas celui du goût!
Si certaines préparations s'y prêtent à merveille au point qu'on ne puisse pas déceler leur absence de produit animal, tout le monde n'est pas logé à la même enseigne!


Et vous, vous pensez qu'on peut tout véganiser? Est-ce qu'une question éthique d'aspect vous dérange avec les similis? 

Bisous doux

Délia ♥ 


mardi 14 mars 2017

Les macarons pour les nuls : traité de collerette et de coques lisses

Je vous préviens tout de suite : je suis la duchesse des échecs de macarons. L'altesse de la collerette qui fait la tronche.
La majesté des coques vides et de la déception à la sortie du four.
Combien de fois j'ai eu envie de pleurer devant des petits amas de blanc d'oeuf et de poudre d'amandes?
Je ne suis même pas une grande fan de macarons : le goût n'est pas transcendant à mes yeux, et ne vaut pas une belle tarte ou une part de fraisier.
Mais pour le défi, je n'ai jamais reculé. Pas même devant les 47 tournées foirées jusqu'à maîtriser parfaitement la recette (même si je sais que je peux faire ENCORE MIEUX (le truc qui vire à l'obsessioooon).


J'ai donc eu envie de capitaliser mes échecs. Mais surtout mes réussites.
Commençons par le commencement. Il existe deux méthodes pour obtenir des macarons : la méthode française et italienne.
A la française, on mélange simplement du sucre aux blancs pendant qu'on les monte.
A l'italienne, on prépare un sirop à 121°C et on fait donc cuire ses blancs, les rendant ainsi moin fragiles.
J'ai testé les deux méthodes longuement, et ma préférence va aux macarons à la française ... Mais seulement après avoir trouvé une recette sans croûtage!
C'est souvent l'avantage qui fait pencher le coeur des pâtissier vers la meringue italienne, mais les macarons étant déjà très sucrés de base, je trouve la meringue italienne très très écoeurante.

Vieillir ses blancs?

Personnellement, je n'ai jamais vu un seul labo de pâtisserie où l'on faisait vieillir nos blancs pour les macarons, et je trouve ça limite niveau hygiène quand je vois parler de vieillir ses blancs une semaine dans une boîte (si c'est pas dit 15 jours #salmonellemonamour).
Toutes les fois où je les ai réussis, je n'ai jamais pratiqué cette méthode de l'âge de pierre.
#livingin2017

Qualité de la poudre d'amandes

Si j'ai essayé des dizaines de marques distributeur et plus chères, le seul facteur vraiment important est de mixer ses poudres.
Je n'ai pas de vrai mixeur, alors j'utilise le mixeur plongeant. Ca fait parfaitement l'affaire!
Prenez garde à ce que tout votre matériel soit bien sec avant de vous lancer dans cette opération, et évitez de respirer, le sucre est un ennemi de taille pour les quenottes et si vous en faites souvent, vous aussi vous aurez des trous dans les dents à force #teamcariedupatissier (c'est même une maladie professionnelle dans d'autres pays ;) ).

La meringue

Il est important que votre meringue soit lisse et ferme, peu importe la méthode que vous choisissez. Comme vous allez l'écraser pour la faire retomber, il faut quand même qu'elle se tienne suffisamment au départ du processus.
Pour les macarons à la française, on peut mettre le sucre dès le début, ça n'influence pas tellement la montée des blancs.
En utilisant la meringue italienne, on incorpore le sucre cuit quand les blancs sont mousseux, voire légèrement montés, mais surtout pas grainés!
On monte la meringue à vitesse moyenne et on resserre à grande vitesse pour avoir une meringue ferme, à la toute fin!




Les colorants

Il faut utiliser impérativement des colorants poudre pour ne pas modifier la texture des macarons.
Lorsqu'on réalise la meringue, il s'agit d'ajouter les colorants quand la meringue est bien montée, car ils ont tendance à la faire retomber légèrement.
Selon la quantité et les couleurs, la qualité de la meringue peut en pâtir, d'où l'importance que tout soit bien en place avant!


Le macaronnage

Ce mot m'a fait faire des cauchemars. Pourtant macaronner c'est simplement mélanger dans le but de faire retomber un peu ses blancs.
Le plus efficace que j'aie trouvé est de mélanger la meringue petit à petit aux poudres. Ca permet de casser les blancs suffisamment sans trop faire retomber l'appareil.
On incorpore quelques cornes de meringue puis on continue progressivement.
Le macaronnage est réussi quand l'appareil brille de mille feux. C'est imparable !
Si l'on souhaite faire des macarons "spirale" en grand format, on s'arrêtera rapidement de macaronner pour que l'appareil reste bien ferme. Si l'on fait simplement des individuels, alors on peut macaronner jusqu'à obtenir le célèbre ruban souple en soulevant sa spatule.


On a l'équivalent de presque la moitié de la meringue pour commencer.


On obtient ça et on ajoute le reste en remuant toujours dans le même sens, en ramenant l'appareil régulièrement vers le centre, puis en l'écrasant vers les bords du saladier.


Si vous voulez des macarons où l'on voit les traces de pochage comme les modèles spirale, arrêtez-vous là! Ca brille, et ça retombe très légèrement, c'est prêt!



Le fameux ruban, l'appareil n'est pas liquide ou trop fluide, il vous permet d'obtenir des macarons bien lisses sans trace de pochage!

La cuisson

J'effectue toujours ma cuisson sur chaleur tournante, à mi hauteur, une seule plaque à la fois, à 140°C. J'ai déjà essayé d'en enfourner plusieurs et ça a toujours été un échec! La chaleur circule de manière plus homogène quand on ne cuit qu'une plaque à la fois. Ne jouez pas au plus malin avec votre four, vous serez perdant :p
Les macarons à la française cuisent environ 12 minutes, mais cela va dépendre du colorant (cacao, rouge par exemple sont plus longs à cuire), et je vous conseille de toujours vérifier en soulevant légèrement une coque ; si elle vous paraît mollassonne, prolongez très légèrement la cuisson sans jamais excéder les 16 minutes, sous peine d'avoir des petits cailloux!
Le doublage des plaques permet d'avoir des macarons avec des collerettes plus grosses et plus régulières, mais pour ma part je n'ai pas deux plaques identiques et j'arrive à obtenir de bons résultats.
De même, entre le silpat, les plaques avec empruntes ou le papier sulfurisé plus traditionnel, toutes les méthodes sont bonnes, il suffit de choisir celle qui vous plait le mieux.
L'important est de bien claquer ses plaques de macarons avant d'enfourner, pour lisser les coques et laisser s'échapper les éventuelles bulles d'air.




Le décollage

Il faut prendre soin de bien attendre que les macarons soient froids pour décoller. Encore une fois j'ai lu des tas de trucs, comme quoi il faut mettre de l'eau juste après cuisson sur la plaque, que la vapeur aide à décolle ... Mais quelle galère pour rien alors qu'on peut simplement attendre un peu!


La garniture

Je vous conseille de toujours garnir (généreusement) vos macarons la veille où vous les mangez. Ca permet de bien ramollir la coque et d'avoir un résultat fondant.
Si vous souhaitez garnir avec générosité, enfoncez légèrement votre coque au centre avec votre doigt, ça évitera que ça dégouline de tous les cotés, même si c'est très #pornfood c'est pas très classe !

Problème fréquents

Collerette inexistante : votre macaronnage est foiré, ou votre meringue était un peu fragile et vous l'avez détruite en macaronant. Vous pouvez toujours en faire des verrines ou les utiliser en guise de biscuit dans un entremets.

Collerette irrégulière : Soit votre meringue était fragile, soit votre pochage n'était pas bien parallèle à votre plaque, du coup vos collerettes se rebellent. Vous ferez mieux la prochaine fois!
Il est aussi possible que votre four répartisse la chaleur de manière inégale, dans ce cas, tournez votre plaque à mi cuisson pour que tous les cotés de vos collerettes se soulèvent.


Macaron craquelé : Soit votre four est trop chaud, soit votre macaronnage est insuffisant, ou votre croutage trop juste. Je sais, ça fait beaucoup de possibilités, mais à force, vous saurez où ça a pêché.
Chez moi, ça craque souvent aux deux extrémités des plaques, là où la chaleur est la plus forte!


Macarons couvert de petits trous : votre meringue était trop fluide, je parie même qu'ils sont creux dedans, pas vrai?
De plus, vous n'avez pas laissé assez croûté à 90% de certitude!

Coque non lisse : les poudre n'ont pas été mixées et/ou le macaronnage n'était pas assez poussé.



J'espère que cet aticle vous aidera dans votre quête, ce qui est certain c'est qu'il y a un coup de main à prendre, le jour où ça arrive vous vous dites juste "ENFIN".

Je vous retrouve rapidement pour vous donner une recette sans croutage, bien détaillée, trouvée sur internet chez les douceurs de valérie! Ca réduit de beaucoup le temps de préparation, et ça évite de passer par la meringue italienne!

Et alors vous, les macarons : amis ou ennemis?

Bisous doux.

Délia ♥

mardi 7 mars 2017

Curry de ta vie

J'ai pensé que le nommer sobrement serait une bonne idée, mais je suis désolée, je n'ai pas pu.
J'ai encore son goût entre les babines et c'est sous le coup de l'émotion culinaire que je vous écris.

Y'en a dans la vie, ils essayent de trouver des remèdes contre le cancer, ou une solution pour réduire la fonte de la glace au pôle.
Moi je suis moins globale mais j'ai des causes à défendre aussi, comme trouver la recette des sauces de mon restaurant indien.
Parce que depuis que j'ai mangé là-bas je les soupçonne fortement d'additionner leurs plats de drogue dure. Pas une semaine ne passe sans que j'aille dévorer leur dahl de lentilles, en sniffant l'odeur de leur encens, le tout dans des gamelles métalliques qui sont aussi lustrées à la drogue, j'en suis sure.
La seule raison qui me donne envie de ne pas les dénoncer à la police, c'est qu'ils partiraient en prison direct et que du coup je ne pourrais pas survivre sans, vu que j'ai pas été en cure de désintox.


La nourriture indienne s'est donc hissée d'un coup, propulsée devrais-je dire, au top un inégalable de la nourriture que je pourrais manger à tous les repas.
Quelle chance en plus de se dire que l'on y trouve facilement des plat végétariens pas vrai?

Cette recette est donc de fait, végétarienne, car dans un souci de fidélité, j'ai utilisé du ghee (beurre clarifié traditionnellement utilisé dans la cuisine indienne, qu'on trouve en magasins bio).
Après, rien ne vous empêche de ne pas en utiliser et de le remplacer par de l'huile végétale, juste histoire d'avoir un corps gras.

Après avoir tant cherché ce qui donnait ce petit plus à la recette de mon restaurant ... J'ai fini par trouver la réponse.
Il faut prendre grand soin de préparer ses épices. Moi qui les avais toujours vues comme des produits finis à ajouter tel quel, le curry m'a appris que non.
Car tout le secret de cette recette, c'est de faire dorer ses épices. Pour les torrefier et libérer leurs arômes, presque caramélisés.
C'est divin.
Ca, et un roux coloré.
Et là, d'un coup, tu sentirais presque le parfum de l'encens, et le bruit métallique de la cuillère cuivrée, de ton restaurant indien préféré.

Me manque plus qu'à comprendre comment ils font pour avoir du riz aussi parfumé et j'aurai percé tous leurs secrets! ;-)


Pour 2 personnes

Une grosse pomme de terre cuite (qui traînait dans mon frigo, autant dire que parfois, le hasard te met des trucs dans les mains et tu composes)
Une demie grande boîte de pois chiches (ou une petite)
4-5 feuilles de blettes
2 cuillères à café de concentré de tomates
2 cuillères à café de ghee ou beurre clarifié (à trouver en magasins bio et dans certains rayons du monde de grandes surfaces traditionnelles)
1/2 cuillère à café de cumin
1/2 cuillère à café de coriandre moulue
1 cuillère à café bombée de pâte de curry (attention, certaines contiennent des crevettes)
2 cuillères à café de farine
1 boîte de lait de coco
1 cup d'eau (230 ml environ)
1/2 cuillère à café de sel
1 gousse de cardamone
De la coriandre fraîche


1 - Dans une casserole qui n'accroche pas (essayez pas, je l'ai fait pour vous, une casserole ikea à la poubelle haha), mettez vos ghee à fondre, puis ajoutez les épices et faites les revenir à feux vif. Le but est de développer les arômes puissants et toastés! Nul besoin que ça dure des heures.

2 - Ajoutez la farine, puis, laissez chauffer pour obtenir ce qu'on appelle un "roux". C'est la même chose que quand on fait une béchamelle, sauf que là, on laisse colorer légèrement en remuant pour éviter que ça ne brûle dans le fond de la casserole.

3 - Ajoutez alors le lait de coco et l'eau, comme on déglacerait en cuisine française avec du pinard ou de la crème liquide, et ajoutez le reste des ingrédients (détaillez les feuilles de blettes en petits tronçons pour la partie blanche, et grossièrement déchiré pour les feuilles), sauf la coriandre.
Cuisez pendant une dizaine de minutes, à couvert, pour bien imprégner tous les arômes et ramollir les blettes, à feu moyen.
Après ce temps et si vos blettes sont tendres, retirez le couvercle et laissez épaissir ; il doit rester du liquide, mais la sauce doit devenir plus épaisse et consistante.
Si d'aventure votre verdure fait de la résistance, n'hésitez pas à ajouter un peu d'eau et prolonger la cuisson en couvrant de nouveau.

4 - Servez le curry, avec de la coriandre fraîche, éventuellement des nans, et du riz.

5 - KIFFEZ BIEN.


Astuces : pour éviter de perdre votre concentré de tomate, soit vous prévoyez d'en utiliser dans les jours suivants et recouvre la surface d'huile, qui protègera du rancissement, soit vous congelez ça en portions. Pour ma part, j'ai fait des petites cuillères, que j'ai congelé sur une feuille de papier sulfurisé et que j'ai rangé dans une petite boîte.
Comme ça, on ne risque pas d'en envoyer la moitié à la poubelle ;-)



Alors ce curry, il vous dit?

A ceux qui se demandent, l'indien pour lequel je vendrais ma peau, c'est le Golden Benghal, avenue des états généraux, dans la rue de la gare des chantiers, à Versailles. 
Ne vous arrêtez pas à sa déco un peu rustique, pénétrez dans cet endroit qui cache bien son jeu : s'arrêter à ça serait comme ne pas lire un livre à cause de sa couverture!


Mille bisous

Délia ♥ reine du curry


mardi 28 février 2017

Snickersette : la tarte caramel, chocolat et cacahuètes

Cette tarte contient à peu près 12500 fois trop de gourmandise pour une seule personne ou un groupe de personne réduit.
Elle fait référence à la célèbre barre snickers, qui est un symbole de pornfood mais aussi de trucs franchement pas très fait maison. Mais put*in que c'est bon hein?!


Du coup je me suis dit qu'après tout, ce qu'on aime dedans, c'est l'association de saveurs, et pas forcément les saloperies qu'on met avec, ni l'empire économique lobbiste qui la vend.
Alors j'ai pris le taureau par les cornes (ou le fouet par la main, c'est selon), et je suis partie avec l'idée de créer un dessert avec ce trio gagnant complètement dégoulinant.


De ce brainstorming éclair, est née, une tarte. Parce que tout est bon sous le format d'une tarte.
Parce que la pâte qui croque, c'est une dinguerie avec tout ce caramel et ce chocolat qui dégoulinent et fondent allègrement dans la bouche. Et si après ça tu n'es toujours pas décidé, tu peux tomber sur une cacahuète façon chouchou (chouuuuchouuuuu quiii veut des chouchouuuuus?).
Tu seras converti aussi vite qu'un mec qui aurait vu une soucoupe volante aux petits hommes verts.


Le pire dans tout ça, c'est que c'est assez rapide à faire, et que c'est un dessert de ceux qui feront jouir vos invités de plaisir (tous autour d'une table, façon orgie, juste sous vos yeux). Vous entendrez les mouches voler pendant la dégustation, et ça vous voyez, ça n'a pas de prix, le silence gourmand. Enfin si, juste une tarte quoi.
(mais pas n'importe quelle tarte, la snickerette quoi mon gars!)


Du coup sortez les tambours, les clochettes, les trompettes, et accueillons comme il se doit la recette génialissime de la snickerette, qui sera de toutes les fêtes (réussies)!

Pour une tarte au format carré de 20 cm de coté, ou l'équivalent d'un cercle de 18 cm de diamètre.
Pour un moule à tarte traditionnel, n'hésitez pas à doubler les quantités de garniture (uniquement, avec la pâte vous aurez assez), pour vous adapter à la profondeur du moule.


La pâte sablée (recette tirée du livre tarte gourmandissimes de Eric Kayser)
Cette recette vous donnera suffisament de pâte pour réaliser deux tartes, n'hésitez pas à congeler le reste pour un usage ultérieur ;-)

110 g de beurre
50 g de sucre glace
25 g de sucre en poudre
25 g de poudre d'amandes
1 oeuf
185 g de farine

1 - Sablez le beurre avec les deux sucre et la poudre d'amandes.

2 - Ajoutez l'oeuf, puis enfin la farine, sans trop mélanger pour ce dernier ingrédient, il faut simplement que ce soit amalgamé mais pas trop travaillé.

3 - Mettez au frais pour 2 heures environ (si vous êtes pressées, balancez ça un coup au réfrigérateur, vous verrez, ça marche aussi (sauf si vous l'oubliez et vous devrez attendre que ça décongèle quoi)).

4 - Foncez alors votre tarte, dans un cercle, un carré, ou même on moule à tarte si vous n'avez pas de cercle (ce qui est peut-être fort probable si vous n'êtes pas équipé pâtisserie).

5 - Cuisez à 160°c pendant une vingtaine de minutes en surveillant la coloration, avec des poids (haricots secs si vous n'avez pas de poids spécifiques à l'usage four, vous pouvez les réutiliser pour plusieurs cuissons), et surtout un papier sulfurisé.


Le caramel fondant

102 g de sucre
15 g de beurre demi sel
83 g de crème liquide
40 g de cacahuètes non salées (quoique, ça peut donner du punch à votre tarte!)


1 - Faites chauffer le sucre avec juste un peu d'eau pour l'humidifier. Faites bien colorer le caramel, sans excès pour ne pas développer son amertume mais suffisamment pour qu'il ne devienne pas trop clair en le décuisant.

2 - Décuisez avec la crème liquide que vous aurez pris soin de réchauffer avant pour éviter des projections trop importantes. N'hésitez pas d'ailleurs à prendre une casserole assez grande car sinon vous risquez le débordement à cette étape du processus (et je vous assure que frotter toute ses plaques de cuissons collées au caramel, ça peut vous tuer un homme).

3 - Cuisez jusqu'à 108°C, ni plus, ni moins. Cette température assure une consistance idéale pour le caramel, qui sera fondant et non coulant, et surtout pas trop dur!


4 - Coulez dans votre fond de tarte et étalez. Répartissez vos cacahuètes sur la surface du caramel.


La ganache

200 g de chocolat au lait
130 g de crème liquide
10 g de miel ou de trimoline (sucre incristallisable utilisé pour conserver le moelleux de la ganache une fois refroidie)

1 - Faites bouillir la crème avec le miel/trimoline.

2 - Versez sur le chocolat réduit en copeaux.

3 - Coulez sur le fond de tarte et le caramel et réfrigérez.

(sans déborder)


Les chouchous

20 g de sucre
7 g d'eau
50 g de cacahuètes
Facultatif mais plus simple : une pincée de beurre de cacao en poudre

1 - Faites chauffer ensemble le sucre et l'eau, jusqu'à obtenir un sirop.

2 - Hors du feu, ajoutez les cacahuètes. Le mélange va "masser" : votre sucre va blanchir et devenir tout dur et entourer les noix.
Remettez sur le feu et remuez de manière régulière pour enrober tous vos chouchous en devenir du caramel qui se forme petit à petit.

3 - Lorsque tous les fruits secs sont bien caramélisés (n'essayez pas non plus d'atteindre la perfection, ce serait bête de tout faire brûler ;-) ), ajoutez votre beurre de cacao poudre, ça aidera à décoller les cacahuètes les unes des autres! Sinon vous vous en sortirez quand même, mais n'attendez en tout cas pas que le tout soit froid pour les séparer les unes des autres!


La décoration

Faites fondre un peu de chocolat et à l'aide d'un petit cornet ou d'une très petite douille, réalisez des traits sur le dessus de votre tarte.
Ajoutez alors vos cacahuètes caramélisées. C'est prêt!


N'hésitez pas à laisser le reste des chouchous dans un petit bol à l'usage de vos invités, sauf si vous en recouvrez toute la surface, à vous de voir ;-) !
Enfin, j'ai très envie de végétaliser cette recette, je reviendrai certainement vers vous avec la recette quand j'aurai pris le temps de la réaliser (et surtout de la poster!).

Avouez-moi tous vos travers gourmands, qui sait, peut-être que ça peut se homemadiser, ou mieux, se véganiser!

Je vous laisse, j'ai des essais de cake à concrétiser.

Bisous doux

Délia ♥


jeudi 23 février 2017

Hygge : Le syndrôme Gilles de la tourette version bonheur nordique

Je crois que je suis passée à coté de tout ce bouquin comme je suis passée à coté du délire healthy. Genre BIEN BIEN à coté.
A moins que ce ne soit parce qu'il n'y a pas de "dedans" dans ce livre qui est un condensé d'air de 287 pages, relié dans une jolie couverture.


A vrai dire, je ne vais pas vous le cacher, j'ai trouvé ce livre trivial, creux et ultra matérialiste.

J'aurais du me douter que comme la majeure partie des modes, ça glisserait sur moi comme un filet de morve du nez d'un enfant de deux ans. Vert, gluant et presque fascinant dans son domaine d'activité.

J'étais pleine de bonnes intentions en achetant le bouquin. La couverture te vend le mode de vie nordique comme un modèle de bien-être, chose que te confirme l'introduction.
J'ai tourné les pages et longuement cherché un point sur lequel m'accrocher, en espérant avoir une lueur divine sur les moeurs de nos frères du Nord (pas ceux de Calais, un peu plus haut).

Arrivée page 52 j'ai compris que je n'en tirerais rien.

Page 54 j'avais une irritation oculaire face au syndrome Shtroumpf. En fait, dans ce livre, c'est comme dans les shtroumpfs sauf que c'est Hygge ou Hyggeligt.
Si tu veux dire "allons nous promener dans les bois" tu diras en shtroumpf " allons shtroumpfer dans les bois" et en Hygge : "allons nous faire une hyggeligt promenade dans les bois".
Aussi irritant que la déesse intérieure d'Anatsasia dans cinquante nuances de grey (toi même tu sais (ou peut-être pas, mais si tu aimes les répétitions alors tu devrais le lire)).


Pour en parler plus en profondeur, ce livre est tout ce que je trouve contraire au bonheur.
Il montre le mode de vie des danois, certes.
Sauf que les danois vivent d'une manière bien particulière selon leur météo (capricieuse et pas très heureuse) et leur pays.
On te dit donc globalement dans les trois quarts du livre comment être heureux de manière socialement correcte... Au danemark.

Le reste du temps, on tente de te faire comprendre que si tu es malheureux, tu sentiras rapidement le Hygge en achetant 252 bougies, en les allumant toutes (au pire tu te fais cramer dans ta baraque et tu seras plus jamais malheureux, ça se tente), en faisant du thé, en ayant un rebord de fenêtre Hyygeligt avec des coussins et un plaid, et en mangeant des bonbons (là aussi tu auras des chiffres sur les kilos de bonbons ingérés par les Danois).
Que du très concret tout ça!


Ce que j'ai trouvé presque oppressif dans ce livre, c'est qu'il est dans l'injonction.
Et qu'il exclut presque systématiquement le bonheur seul. Il semblerait que simplement apprécier un rayon de soleil en marchant dans la rue après avoir fini sa journée de travail ne soit pas suffisamment Hygge, et que pour ça il faille retrouver des amis (4 étant apparemment le chiffre optimal, double date time), faire tous à manger ensemble (et la vaisselle aussi, parce que le hygge est très équitable), et se blottir sous un plaid en silence, après s'être éclaté la panse, à la lueur d'une cheminée avec une tempête dehors (parce que la tempête, c'est très Hygge, promis).

Là où je veux en venir, c'est qu'on dirait que ce livre est une vision unique et très étriquée du bonheur.
C'est presque culpabilisant si tu n'aimes pas les bougies, ni le thé en fait. Ni les gens.
C'est encore une fois une vision imposée, normée.
Ce n'est pas spirituel, ce n'est pas un condensé de bonnes idées.
C'est un mein kampf de "comment être une personne heureuse bien formatée".

Et pour moi, le bonheur, c'est tellement personnel et immatériel que je trouve ce livre insultant au concept d'être heureux.


Je m'en vais essayer de finir les dernières pages de ce bouquin diabolique qui me fait rire nerveusement chaque fois que je croise le mot (ou un dérivé) hygge (à peu près 17 fois par page).

Si vous voulez investir 14.95€, je vous conseille de vous acheter tout ce qui vous rendra heureux ... Sauf ce livre ;-)

Bisous heureux

Délia