vendredi 22 septembre 2017

Passer sa cuisine au zéro déchet : starter pack pour accros aux poubelles repentis

Après avoir globalement délimité le périmètre de ce qu'est le zéro déchet dans un premier article (à retrouver ici, et à lire si le concept t'échappe autant qu'une savonnette glissante sous la douche), je crois que le premier sujet qui m'a vraiment parlé a été ma cuisine.
J'ai vite remarqué que les allers-retours à la poubelle commune en bas du bâtiment me gonflaient. Mais surtout me gonflaient bien. En lisant l'ouvrage de la famille zéro déchet, j'ai vite compris qu'en plus de me gonfler psychologiquement d'aller sniffer les odeurs fétides des poubelles de tout mon voisinnage, ça avait un impact certain sur la planète, et donc, forcément, que ça touchait droit dans le coeur de mes convictions.

Mais quand on a l'habitude de faire d'une manière, le plus difficile est de sortir de son propre contexte pour aller identifier les points complètement critiques dans ses pratiques et réaliser que oui, on peut changer.
J'ai récemment eu une conversation avec mon père au sujet du nucléaire, qui s'est terminée plus globalement sur le fait que j'étais trop extrémiste quant à mes actions face à beaucoup de sujets touchant de près ou de loin au consumérisme, à l'écologie et aux produits chimiques nocifs. Je crois que cette vision presque péjorative de mes engagements ne fait que conforter mon besoin d'essayer de faire comprendre que ce n'est pas un sujet banal et qu'il faut que chacun d'entre nous agisse à son échelle, et prenne conscience de son importance/impact, et ce malgré les tentatives ubuesques de toute la société pour nous faire croire qu'il n'y a que des individus et pas de groupe, et donc rien de vraiment bien grave.

Le zéro déchet en cuisine n'est pas une mince affaire, pour tout avouer. Déjà ça paraît ultra compliqué parce qu'il faut s'équiper au départ, et que ça représente un certain investissement. Mais vous vous douterez bien qu'une fois ces investissements réalisés, vous êtres tranquilles, car on privilégie toujours ce qui dure en Zéro déchet ;-). Vos euros sont donc bien placés!

Allons donc causer un peu de ce à quoi ressemble une transition vers une poubelle moins remplie.

• Le guide d'achat zéro déchet


🌿 Privilégier les produits en vrac


Ca fonctionne pour les denrées sèches mais surtout pour les fruits et légumes. Exit les auchan et compagnie qui te proposent des fruits et légumes plastifiée bio qui viennent du Pérou, il va falloir changer ses habitudes.
Ca ne fera pas mal, ce sera même probablement plus sympa qu'avant!
Le mieux est évidemment d'aller dans les enseignes spécialisées dans le vrac (day by day par exemple, ou certaines biocoop ou naturalias parisiens qui sont très poussés sur le sujet), sinon les magasins bio sont généralement bien achalandés et permettent d'acheter tout ce dont on a quotidiennement besoin.
On peut évidemment penser au marché, très pratique aussi pour faire ses courses zéro déchet à condition de trouver un vendeur cool qui accepte de prendre les sacs à vrac réutilisables pour mettre les produits.
Niveau ambiance on est forcément gagnant : le marché comme les enseignes bio sont beaucoup plus agréables et moins axées sur la surconsommation, ce qui tend à réduire de fait le gaspillage en achetant trop de nourriture ou en achetant des choses dont on n'a pas besoin. C'est vrai ça, qui a besoin d'un lot de 6 paquets de p'tit déj? Une armée ?


🌿 Sortir couvert (d'emballages réutilisables)


Bon, je ne reviendrai pas sur la nécessité d'avoir toujours sur soi son sac en toile, parce que ça prend zéro place dans son sac à main/dos et que c'est super utile, mais on passe l'étape d'au dessus : le kit de survie de celui qui va faire ses courses en vrac.
Il faut prévoir des sacs en tissu, soit achetés (la plupart des magasins bio s'y sont mis), soit fabriqués maison avec des vieux tissus ou des supers tissus certifiés bio, et de plusieurs tailles. Au départ on n'y pense pas forcément mais voilà, les amandes et les épinards ne prennent pas le même volume.
On peut aussi récupérer des bocaux ou en acheter des plus grands (rares sont ceux qui sont assez grands en récup), faciles aussi à trouver, et on peut s'en procurer pour moins de 5 € l'unité et bien jolis et résistants.
Les boîtes en verre ou plastique avec couvercle sont utiles aussi pour acheter certains produits (que moi je ne consomme pas mais je le précise), comme la viande ou le fromage. J'entends parler pas mal autours de moi de bouchers ou fromagers qui refusent les pesées à même les récipients pour question "d'hygiène", espérons que le vôtre comprenne si vous vous y fournissez. Ce sera un bon exercice pour expliquer votre démarche de manière positive!
En tout état de cause, je vous conseille quand même, malgré le poids et le fait que ce soit cassable, de favoriser le matériau inerte qu'est le verre. Il se lave très bien, supporte la chaleur et le froid, et n'est pas poreux comme le plastique. En gros, le verre, c'est sain. Et sain, c'est bien, surtout quand ça finit dans notre estomac.



• Le guide de conservation


🌿 Organiser ses repas


Force est de constater qu'on fait souvent trop de courses, et qu'on ne s'organise pas nécessairement. Je fonctionne pas mal au "coup de coeur" et achète les beaux produits (chose qui risque de se limiter un peu dès que j'aurai commencé les paniers par semaine chez un producteur bio du coin), donc je pratique l'organisation "post courses" : je rentre et imagine des plats avec ce que j'ai pris.
Ca évite notamment de jeter des tomates qui ont commencé à avoir des cheveux dans le fond du bac à légumes!
Pour t'y aider, tu peux utiliser un planning, ou glisser une section dans ton bullet journal pour garder sous le coude tes idées et t'organiser. Pour ma part je ne cuisine pas tous les jours, et surtout pas tous les repas. Le soir, je prends le temps de me faire des grosses portions, que je n'ai plus qu'à réchauffer.
Après il ne me reste plus qu'à aller plonger ma tête dans les poils duveteux de Nova et Aram. Tu croyais pas que j'allais faire un article autre que food sans mettre une photo de chat dedans hein?


🌿 Mieux conserver pour moins jeter


Je reviens à la charge avec mes bocaux, mais le truc bien c'est que quand tu achètes en vrac tu n'as souvent pas besoin de vraiment ranger tes courses parce que c'est déjà dans un bocal. Hop, direct au placard ;) !
Sinon, on transvase dans des bocaux en arrivant, conservé bien à l'abris de la lumière et de la chaleur pour la plupart des produits
Il existe notamment pour les produits qui ont besoin d'être conservés au contact des "bee wrap" : comme du cellophane mais version naturelle, avec de la cire d'abeille. On peut soit les acheter, soit les fabriquer avec de la cire d'abeille et des tissus. C'est une alternative intéressante pour expulser une partie de plus de plastique de nos cuisines.
J'ai eu récemment l'occasion de tester la boîte de la marque airblock qui fait du sous vide. Je dois dire que ce truc là m'a permis de remanger de la salade. Parce que si tu es seul tu sais que manger une salade c'est compliqué et que ça fane vite. Cette boîte m'a déjà gardé une salade dix jours. Referme la bouche que tu as béatement ouverte, oui DIX JOURS.
Alors ouai, tu dois tasser comme un fou dedans pour faire rentrer ta salade, mais ce truc là est génial car il retire l'air grâce à un piston manuel, et donc la cause de la dégradation des produits. Je ne peux que te conseiller d'en avoir quelques unes pour les produits qui se perdent vite (légumes feuille, herbes aromatiques, fruits coupés et plats préparés (et viandes pour ceux qui en consomment)) parce que ça change la vie et ça évite de jeter les denrées fragiles.


🌿 Revenir aux méthodes de conservation traditionnelles


Papi et mami ont du te montrer le chemin des étagères pleines de bocaux et des congélateurs pleins à craquer à la fin de l'été après une récolte incroyable de mirabelles ou de tomates? Et bien tu seras content de dire à pépé que maintenant tu fais comme lui!
Congeler est une méthode simple pour conserver des produits qui risquent de se perdre. Ca marche pour la majeure partie des légumes, on peut aussi congeler des portions de plats : ça permet d'avoir toujours quelque chose en cas de flemmingite, et ça évite de jeter les restes oubliés.
Pour les fruits, on s'en occupe bien frais, on retire les noyaux et on dépose dans des récipients au congélateur, le mieux est de le faire sur une plaque en premier lieu et de les regrouper ensuite pour éviter qu'ils soient tous agglutinés.
Qui c'est qui va manger une belle tarte aux mirabelles du jardin en décembre? ;-)

Pour ce qui est de la mise en bocaux, il existe plusieurs techniques, dont notamment la recette des tomates confites à l'huile d'olive qui me vient de chez Du bio dans mon bento, mais on peut aussi faire des confitures, des soupes, des sauces à la tomate, et fruits au sirop, qu'on conservera bien au chaud. Ca permet de consommer certains produits hors saison, mais aussi et surtout de savoir ce qu'on mange à tout moment, et en évitant d'acheter des produits en conserve ou bocaux du commerce.

Enfin, le séchage est une autre méthode, qui consiste simplement à retirer l'eau des produits pour les rendre plus stables sur le plan de la conservation. Le plus naturel est de le faire au soleil mais il ne faut pas habiter en ile de france haha. Sinon il existe des déshydrateurs qui permettent de faire sécher à peu près tout et n'importe quoi.


• Le guide de la fin de vie (ou plus sobrement nommé "poubelle")


🌿 Limiter l'inévitable


On produit forcément des déchets à un moment ou un autre, le but est de limiter la casse.
L'idée est de toujours favoriser les produits emballés dans des contenants dont la pollution soit à la fabrication, soit au recyclable sont minimes. Pour cette raison, on va dont préférer le verre, les boîtes de conserve, le papier, et en dernier lieu et si on n'a pas vraiment le choix, le plastique. Raison pour laquelle d'ailleurs je n'achète pas ma farine au magasin bio mais soit en vrac, soit au supermarché traditionnel plutôt qu'en bio où elle est sous plastique.
J'ai d'ailleurs appris récemment que tous les tétrapacks ne sont pas recyclables, ce qui fait que je regarde maintenant à chaque fois si c'est le cas. En réalité ces emballages complexes, mélange de carton et d'aluminium sont aussi à limiter au mieux, même si ce n'est pas toujours évident de tout supprimer.

🌿 Le tri sélectif ton ami


Je me rends compte que trier n'est pas une mince affaire, et que beaucoup ne savent pas trier surtout.
Combien d'emballages plastiques non recyclables j'ai vu dans les poubelles? Dans mon bâtiment je passerais la journée à rediriger les déchets vers le jetable si je m'y mettais.
S'informer des consignes de tri de sa ville sur le site internet permet de savoir plus précisément ce qui s'y fait ou non (chaque ville a des consignes sur certains types de déchets).
Evidemment, recycler permet de donner une seconde vie à ses déchets, mais l'idée n'est pas de les multiplier pour autant car recycler n'est pas à coût zéro au niveau de l'environnement!
Le plus simple est d'installer un bac spécial à coté de sa poubelle à déchets ménagers.

🌿 Redonner de l'importance à la logique au profit d'un mode de vie plus zéro déchet


On a fini par ne plus vraiment comprendre pourquoi et comment on consomme. Les fraises en Hiver, les orange en été, de quoi en perdre son latin!
S'acheter un petit calendrier perpétuel des saisons de fruits et légumes, ou même le consulter en ligne, en gros, s'informer est un outil très puissantpour redonner du sens à sa consommation.
De toute évidence, consommer local permet de réduire les effets de consommation liés au transport (et c'est pas à négliger), donc on en vient forcément à consommer de saison.
Parce que malgré ce qu'on pourrait penser même en magasin bio : NON les courgettes en décembre, c'est pas normal ou cool, c'est juste nawak. Ca pousse sous serre, ça coûte une blinde d'énergie et ça fait plus de trajet que toi dans une année. Moi ça me rend légèrement jalouse vis à vis des courgettes, du coup je les boude.



En gros, tu l'auras compris, mis à part quelques récipients et sacs à vrac, tu as déjà tout ce dont tu as besoin pour te mettre au zéro déchet, et donc commencer dès demain à faire maigrir ta poubelle.
Ca peut paraître grisant par moments, et ça l'est : quand je vais dans une grande surface, je me sens entourée d'un océan plastique très dérangeant car accepté par tous.
La grande vérité, c'est que je suis fière des progrès que j'ai fait et vous savez quoi? Autant je n'ai pas le moindre espoir de rendre le doudou végétarien, autant je crois qu'il accroche beaucoup au zéro déchet et que j'ai créé un monstre.
Il parle même de sensibiliser ses collègues et sa direction sur certaines illogiques malgré les certifications environnementales de son entreprise ;-)

Continuez à avancer et plantez des graines de rélfexion autours de vous. Même si on ne changera pas le monde, on pourrait déjà changer les poubelles et ce serait déjà ça de pris!

Je vous fais un bisou, n'hésitez pas à le recycler :-D

Délia ♥ C'est plutôt poubelle verte ou poubelle jaune du coup?


mercredi 20 septembre 2017

Crackers apéritifs au fromage frais, à la menthe et au melon

Récemment j'ai fêté ma crémaillère et tout le monde avait rapporté des bouteilles pour l'occasion. Tant et si bien qu'à la fin, nous avions des tas de bouteilles dans notre placard et ressemblions à un bar.
Nous faisons parfois la folie douce de nous servir un apéritif doudou et moi, juste parce qu'on aime bien faire un peu comme si c'était la fête : on sort deux verres, des petits trucs à faire fuir le mot healthy, et on se raconte nos journées, jusqu'à ce que ça ne veuille pas toujours dire grand chose puisqu'on est saouls rapidement après une journée de boulot et un verre le ventre presque vide.

Et donc ce soir là, on a débouchonné une bouteille de Jurançon. Il était tellement bon que ça m'a donné envie de réfléchir un grand coup à ce qu'on pourrait manger avec pour le prochain apéritif entre nous.
J'avais vu une recette de crackers dans un livre de cuisine de chez Larousse sur des plats végétariens, et j'avais envie d'essayer parce que je me suis dit que ça ne devait pas être bien sorcier et ça avait l'air plutôt bon (en plus, comble de la miraclitude, j'avais tout dans mon placard ce jour là, tu sais aussi que c'est un truc qui n'arrive que quand vraiment l'univers est avec toi).

Le mélange menthe/melon est un de ceux qui sont connus depuis la nuit des temps mais qui ne perdent pas de leur coté surprenant et rafraîchissant quand on les ressort.
Comme un bon vieux saturday night fever fera toujours danser dans les soirées de mariage, le menthe melon fera toujours frétiller les papilles.
Par contre, je trouve que l'acidité du fromage, même le fromage frais, a tendance à jurer par mal avec la fraîcheur de la menthe (et plus généralement des plantes aromatiques). Du coup, béni soit celui qui a inventé le yaourt de soja et donc par extension le fromage frais de soja. Voilà voilà.

Ces crakers se la pètent légèrement, si vous avez la flemme de les tartiner vous pouvez aussi très bien laisser les trucs en kit, comme ça si certains n'aiment pas le melon ou l'association audacieuse, il fera sa soupe lui-même.
Et bien évidemment, je vous le dis : ces crakers pourront remplacer avantageusement les autres trucs qu'on achète dans le commerce, pour trois fois rien, super faciles et personnalisables, le genre de recettes dont tout le monde te demandera où tu les as achetés : sauf que c'est toi qui l'auras fabriqué de tes dix doigts et que ça te fera gonfler ta jauge de kiffance.


Crackers fromage frais à la menthe et au melon vegan


Pour une vingtaine de petits toasts

1/2 melon des charentes français (non mais on en parle ou pas des melons des charentes du maroc ou pas? non, pas aujourd'hui, t'as raison ce n'est pas le sujet, mais quand même j'ai halluciné haha)
1 pot de yaourt de soja nature
1 cuillère à soupe d'huile de coco désodorisée
1 pincée de sel, de poivre
une dizaine de feuilles de menthe
1 cuillère à soupe de jus de citron


Pour les crackers (recette tirée du livre "recettes végétariennes" aux éditions larousse)


38 g de graines de courge
68 g de farine
1/4 de cuillère à café de sel
1/4 de cuillère à café de sucre
1 cuillère à soupe d'huile végétale (olive ici pour moi)
1/2 cuillère à soupe d'eau (de lait dans le livre, mais pour si peu je vois peu l'intérêt!)
1/2 cuillère à soupe d'autres graines de votre choix


La recette des crackers au graines 


1 - Mélangez tous les ingrédients sauf les graines afin d'obtenir une boule non collante mais qui se tient bien, un peu comme une pâte brisée.

2 - Prenez un rouleau à pâtisserie, et après avoir fleuré (ce mot est si doux, si beau, j'ai envie de fleurer toute la journée jusqu'à finir sous une montagne de farine) votre plan de travail, étalez votre pâte finement, du plus finement que vous le pourrez, en saupoudrant les graines sur la surface. Ca vous permettra d'en avoir de manière homogène, sans avoir à les brises, et que ce soit joli à l'oeil.

3 - Mettez à cuire au four après les avoir découpés en carrés, rectangles ou toute autre forme de tes rêves (même si bon, faut pas se cacher que les licornes c'est pas évident à détailler hein), et cuire à 150°C pendant une quinzaine de minutes.


Le fromage de soja à la menthe


Je vous invite à aller vous reporter à la marche à suivre ici, vous saurez tout sur le fromage frais de soja, vous verrez, vous ne pourrez plus vous en passer ;-).


Finalisation des crackers


Avec une cuillère parisienne (une cuillère à faire des boules, qui traîne dans presque tous les placards de France mais ne connaît que très peu d'heures de gloire, oui celle-ci même, c'est maintenant que tu las sors pour l'année, gloire à la cuillère parisienne), faites de jolies boules dans la chair du melon.

Sur vos crackers refroidis, déposez une belle couche de fromage frais, puis une belle boule de melon.

Si vous voulez accentuer le coté "je romps le mystère" et ne pas trop étonner vos convives, ajoutez une feuille de menthe sur le dessus, des petits touffes du dessus des tiges pour que ce soit à l'échelle (sinon les invités se diront vraiment qu'il y a mieux que des végéta*iens chez qui bouffer, et chercheront en vain la nourriture planquée sous le buisson de menthe).


Servez avec un bon petit jurancon bien frais, et amusez-vous bien! (je rappelle qu'on fait toujours la fête avec une certaine modération, il suffit de l'inviter et généralement elle vient!)

Je vous claque une bise, encore une fois je suis en retard, très en retard sur les recettes à publier sur le blog, je vous partage donc très vite deux recettes à base de prunes, qui réjouiront pour sûr vos papilles.

Je vous embrasse

Délia ♥



jeudi 14 septembre 2017

L'incroyable histoire du jour où j'ai liké 1000 photos instagram en moins d'une heure, ai gagné 80 abonnés, et me suis faite punir par instagram

Ne partez pas, je vous jure, vous allez adorer cette histoire ; elle va vous faire rire et même peut-être vous apprendre des choses.
C'était une journée un peu morose, il pleuvait dehors et j'étais un peu trop fatiguée pour cuisiner ou lire quoi que ce soit.
J'avais rencontré une chouette fille la veille qui m'avait parlé d'une technique dont elle avait entendu elle-même parler pour gagner des abonnés : liker des comptes, un peu comme le "poke" facebook, histoire de dire "hey coucou j'existe, si tu veux tu peux venir liker ma jolie page".

L'état des lieux, c'est que ça fait 3 mois que je stagnais à 691 abonnés, avec parfois des abo/désabo.
Me dis pas que tu vois pas de quoi je veux parler, parce que c'est le genre de trucs qui te fait un peu faire les montagnes russes des sentiments genre "MON DIEU DES GENS M'AIMENT" puis "LAISSEZ MOI MOURIR" quand tu perds 5 abonnés que tu venais de gagner.
J'ai eu beau améliorer mon contenu en passant aux photos avec mon appareil, homogénéiser mon flux avec des filtres personnalisés, et tenté d'anticiper mes publications tout en prenant en compte l'alignement des planètes et les prévisions météorologiques, RIEN A FAIRE.
Je voyais toujours inlassablement ce 691 abonnés.

Tatoué au fond de ma rétine.

Collé à la glue.

Alors ayant un peu de temps à perdre (parce que quand je vais te raconter tu risques de te dire que ta vie est courte et que tu préférerais ranger tes fiches de paie par ordre chronologique), j'ai liké.
Pour cette expérience j'ai pris un compte avec des abonnés qui risquaient d'avoir des engagements similaires au contenu que je propose : vegan, gourmand, voire chats. Parce qu'avant de connaître ceux qui pourraient apprécier ton flux, faut déjà savoir de quoi ton flux à toi parle (nous parlons bien ici du flux instagram, mais on peut aussi se poser avec un café pour parler de ton flux menstruel si ça te tente). En somme c'est déjà un travail sur toi de fait.


Armée de mon index pour défiler et de mon pouce pour revenir en arrière, j'ai fait défiler les flux (d'actualité donc). Analyse rapide pour chacun, comme des CVs, j'ai aimé des publications en rapport direct avec ce que je propose moi même : les chats, la bouffe, les trucs vegan et la nature (parce que je ne résiste jamais à une photo de fleur ou d'océan bien saturée).
Au bout d'une heure, j'ai commencé à avoir mal au pouce et à la nuque, mais je m'étais mis pour objectif d'aller au bout des plus de 1000 abonnés de cette page.
Si vous vous prenez de passion pour réaliser cette grande expérience, des capacités de lecture rapide pourront vous être utiles!
Au bout de deux heures j'avais les yeux rouges et un mal de crâne naissant (et j'avais vu assez de bouffe pour la vie). Au bout de trois heures j'ai commencé à sérieusement loucher et mon copain a fini par rentrer en me demandant si j'avais pleuré (j'en ai déduit que j'avais un peu abusé sur le truc à ce moment là).
Si vous vous lancez dans cette grande expérience chronophage et socialement amusante, n'oubliez jamais de noter le dernier pseudonyme auquel vous vous arrêtez quand vous décidez d'aller faire une pause pipi entre deux clics. Sinon vous devrez mémoriser où vous vous êtes arrêtés. Et sur plus de 1000 abonnés c'est pas de la tarte.

Et donc j'en étais à quelques comptes du dernier quand instagram m'a annoncé le game over

TROP DE LIKES TUENT LE LIKE

J'ai donc été punie de likes par instagram, comme une junkie punie de sa quantité de came après une overdose.
Alors oui, visiblement j'ai pêché, c'était pas très joli de ma part, mais ça m'a révélé plusieurs choses.

De un, c'est super long et fastidieux, et je crois que je n'aurai plus la patience.
De deux, j'aurais du mettre un coussin derrière ma nuque parce que je vais devoir porter une minerve pendant une semaine.
De trois, presque tous les véganes aiment les chats de manière ostentatoire.
De quatre, Presque tous les véganes ont été chez cloud cake, et je n'aime pas tellement la couleur de leurs assiettes.
De cinq, presque tous les véganes ont aussi été chez VG pâtisserie, et ça va sans dire que j'étais plutôt contente à ce propos #teamvgpatisserie.
De six, les avocats sont la nourriture de base de 75,6% des vegans.
De sept, beaucoup de monde a fini par liker ma page. Evidemment, le ratio a l'air ridicule, mais j'ai gagné 80 abonnés en 24 heures. Sachant que je stagnais à 691, autant vous dire que c'est une opération rentable, malgré le temps qu'elle requiert.
De hui, Je crois que je ne recommencerai pas, autant pour le fait d'avoir les yeux injectés tel le loup atteint de la rage mortelle que pour le fait d'avoir été bloquée. Je me suis sentie hors la loi, moi qui n'aime même pas passer quand le petit bonhomme est rouge.


Je vous invite d'ailleurs pour celles qui ont des envies de méthodes similaires (vous n'avez pas d'âme si ce n'est pas votre coup d'essai, vous êtes dingues haha) à aller consulter cet article sur les limites à ne pas dépasser sous peine de se faire prendre et pénaliser comme un robot. Il faut savoir qu'elles ne sont pas présentées de manière évidentes, donc ça peut être utile de les connaître.
Instagram pense ainsi préserver sa communauté, mais je pense surtout qu'ils sont en train de la tuer eux-mêmes, non par par ce biais, mais par d'autres.

J'explique.

Si tu fréquentes de la blogueuse, tu dois toi aussi entendre parler du nouvel algorithme d'instagram. Ce con là te donne une visibilité pourrie. En fait c'est un peu le même que facebook (en même temps avec le rachat, pas étonnant) : soit tu paies, soit tu deviens invisible.
Les gros comptes ont peut-être aussi été impactés, certes, mais les petits comptes, dont je fais indéniablement partie, sont encore tombés plus bas que l'enfer du néant de l'oubli.
La qualité du contenu n'a rien à voir avec la visibilité. Avouons-le, rare sont les personnes qui cherchent un hashtag en particulier, et c'est la seule manière de tomber sur des personnes peu connues, hormis les likes des personnes auxquelles on s'abonne. Sauf que ces personnes likent généralement les gros comptes aussi, si bien qu'on se retrouve avec un genre de parc d'insiders/outsiders. En gros si tu étais déjà in avant ça va, sinon tu vas mourir devant la porte, transi de froid et de faim, avant que quelqu'un ne daigne venir te voir, te liker, et éventuellement te suivre.
C'est un peu l'histoire des torchons et des serviettes. Et tu sais bien qu'on ne mélange pas les uns avec les autres.

Ca pose aussi pas mal la question de l'éthique personnelle, je sais que certains sont adeptes du follow for follow (tu suis quelqu'un qui s'abonne aussi à ton compte) ou du follow/unfollow (abonnement puis désabonnement peu de temps après, le but est de gagner des abonnés en faisant croire qu'on est abonné mais annulant ça (ou l'histoire de celui qui part avant que son coup de la veille ne se réveille au petit matin)) : jusqu'où est-on prêt à aller?
Il est de plus en plus courant de voir des achats d'abonnés, la pratique perd de son intérêt du fait que ce sont des abonnés non qualifiés et dont l'audience ne représentera aucun engagement. Chose à laquelle la majeure partie des agence RP prêtent quand même un peu attention (ouf).
Chacun est libre de faire son choix, pour ma part c'était ma limite éthique personnelle, pour certains ça paraîtra déjà pas très sympa de harponner des inconnus pour qu'ils viennent aimer mon travail, pour d'autres qui follow/unfollow toute la journée, c'est jouer dans la cours des maternelles.


Enfin, quant à instagram qui impose des quotas, ils devraient peut-être éventuellement repenser leur algorithme pour remettre la diversité au coeur de leur entreprise.
Pas juste parce que j'ai la haine d'avoir été interdite de like, parce que je suis d'accord sur le fait que j'ai largement abusé au cours de cette expérience, mais surtout parce que moi-même je trouve finalement l'accès aux autres comptes trop restreint, et j'ai du mal à diversifier mon "parc" de comptes.

La morale de cette histoire, c'est que même si c'était une expérience humaine incroyable (version émission de téléréalité, toi même tu sais l'importance de donner du relief à son propos même quand il est plat comme Jane Birkin), je crois que je ne me vois pas recommencer. Ou du moins pas aussi fort et en aussi peu de temps.

PARCE QUE JE NE SUIS PAS UN RObot.
(ou alors un robot avec vachement de cheveux)



Si vous avez suivi jusqu'ici, je vous propose donc de ne pas m'imiter dans ma démarche bien que très intéressante.
Enfin, si vous voulez aller voir mon compte instagram, vous pouvez.
Et ce serait très très gentil.

Voilà voilà.

J'te like copain.

PS : cet article est une vraie putaclick, j'en serais presque fière.

Délia ♥

dimanche 10 septembre 2017

Le flan aux abricots, ou avec ce qui te plaira mieux dedans

Ce flan est dans la boîte depuis un moment mais ces derniers temps j'ai été un peu moins prise par mon projet blog, ce qui fait que j'ai continué à cuisiner autant, à photographier beaucoup par plaisir, mais la logique des choses fait que je me suis donc retrouvée avec un tas de recettes à partager au fil du temps, et que les saisons ne sont pas extensibles à l'infini.
Ce qui devait arriver arriva ... Je vous publie donc ma recette de flan aux abricots au mois de septembre.

Ma foi j'aurais pu vous la sortir pour noël, donc on a encore un peu de temps devant nous avant d'être complètement out.
D'ailleurs si vous ne trouvez déjà plus d'abricots (français j'entends, les autres ne finissent pas dans mon panier), vous pouvez éventuellement utiliser soit des abricots au sirop, soit d'autres fruits comme les prunes, ou même rien du tout, parce qu'après tout, le flan c'est chouette nature aussi. Dans ce cas forcez bien sur la vanille, vous vous régalerez à coup sûr.

J'ai longtemps cherché une recette de pâte brisée végane qui me plaise, celle-ci est un bon compromis aussi bien en sucré qu'en salé, c'est une excellente base à décliner et surtout qui sert dans un tas de préparations.
En plus elle est vraiment facile à étaler et a préparer.
Pour ce qui est du flan, ma foi, la texture est très proche du vrai flan, et si vous souhaitez avoir le vrai goût du flan pâtissier, le mieux, au lieu de la fécule de maïs est d'utiliser de la poudre à flan. C'est une mélange qu'on utilise en pâtisserie et qui donne un goût très spécifique ... De flan! On en trouve dans des magasins comme zodio ou chez G detou il me semble, sinon je pense qu'en faisant les yeux doux au boulanger vous devriez pouvoir en obtenir quelques grammes nécessaires à votre recette !

Je ne vous fais pas patienter plus longtemps, il se peut que les derniers abricots frais de cette année soient en train de vous passer sous le nez, ce serait dommage de les louper ;-)


Flan aux abricots Vegan


Temps de préparation : 40 minutes
Temps de cuisson : 40 minutes
Difficulté : Chef pâtissier du dimanche
Repos : une demi journée

Matériel nécessaire : Un fouet, un cercle de 18 cm de diamètre et 4.5 cm de hauteur (standar), un rouleau à pâtisserie

La pâte brisée (si vous souhaitez être larges au niveau de la quantité, vous pouvez multiplier la recette par deux ; le reste pourra être congelé et utilisé en temps voulu, notamment pour une quiche salée, car j'ai choisi volontairement de ne pas sucrer la pâte du tout)


125 g de farine
1 pincée de sel
40 g de margarine
1/2 cuillère à café de gomme de guar
40 à 50 g d'eau froide


L'appareil à flan


750 g de lait végétal
110 g de fécule de maïs
1 cuillère à café 1/2 d'agar agar
93 g de sucre
38 g de margarine végane
1 pincée de sel kala namak (facultatif mais donnera un coté soufré à votre flan qui ne sera pas sans rappeler les oeufs)
Une pincée de colorant jaune ou de curcumat pour la couleur (facultatif également)
Vanille gousse (1/2 gousse) ou arôme de vanille

La garniture


350 g d'abricots frais ou à défaut, au sirop, égouttés bien avant de garnir (le sirop empêche une bonne cuisson du flan)


La préparation de la pâte brisée 


1 - Dans un saladier ou dans la cuve de votre batteur muni de la feuille, mélangez ensemble les ingrédients secs et la margarine, afin d'obtenir une texture sableuse.

2 - Ajoutez l'eau petit à petit en mélangeant bien entre chaque ajout : la pâte doit former une boule bien lisse mais non collante.

3 - Etalez finement et foncez votre cercle en l'ayant préalablement graissé pour faire adhérer. 

4 - Disposez les abricots dans le fond de votre flan. Réservez au frais le temps de préparer le flan.


L'appareil à flan vegan


1 - Dans une casserole, mélangez tous les ingrédients en commençant par le lait et le sucre, puis la fécule en mélangeant bien afin qu'il ne reste pas de grumeaux avant la cuisson.

2 - Chauffez sur feu moyen en remuant en continu : le mélange va épaissir très rapidement et d'un coup. je vous invite à retirer la casserole du feu pour fouetter jusqu'à obtenir une texture lisse, sans grumeaux, et épaisse. Ce qui explique la cuisson pour une pâtissière traditionnelle est surtout la présence d'oeufs, qui doivent être cuits pour être plus bactériologiquement sûrs, ici on s'en tamponne pas mal puisque c'est de la fécule de maïs qui joue le rôle de liant.
3 - Ajoutez la margarine, remuez jusqu'à totale incorporation, puis coulez directement dans le fond garni d'abricots.

4 - Enfournez à 190°C pendant quarante minutes ; le flan colore sur le dessus et la pâte est bien cuite sur les bords, ce qui permet de développer tous les arômes! 

5 - Laissez refroidir plusieurs heures au frais : c'est prêt à être détaillé!


Dans la même série, je vous prépare donc une recette à base de melon, et deux à base de prunes. Après je crois que je suis tranquille jusqu'en avril niveau saisons. C'est ce qu'il y a de bien avec l'hiver, c'est assez monochrome niveau fruits et légumes! 

Je file, j'ai aussi découvert le levain, je dois évidemment tout apprendre à ce sujet, peut-être qu'un jour je vous raconterai ce genre d'histoires. Afin que le cursus spécial bobo écolo vegan soit complet.
Parce que la soif de savoir, c'est la seule qui n'a que des impacts positifs.

Je vous embrasse.

Ps : tu remarqueras que j'ai même ajouté un peu de soleil aux photos. Histoire que tu croies encore que c'est l'été. Tellement qu'il te faudra peut-être de la crème solaire pour les regarder.

Délia ♥ et prends soin de toi!




mercredi 6 septembre 2017

Tarte pêche et Verveine

Je sais, c'est presque la fin de la saison des pêches et nectarines, mais vous finirez par saisir que d'ici à 3 ou 4 ans j'aurai moi-même saisi le concept de "être à l'heure" dans mes publications.
Pour celles qui me suivent depuis longtemps, vous saurez déjà que j'ai fait de gros progrès l'année qui vient de s'écouler avec les gros points forts de l'année comme noël et pâques, je crois que je peux m'auto attribuer une médaille, même si je ne sais pas si je réussirai à être aussi organisée cette année.

Le fait est que cette tarte en forme de couronne me trottait dans la tête depuis un moment. C'est dans le fou de pâtisserie que j'ai vu cette forme pour la première fois avec celle aux framboises de cyril lignac et benoit couvrand. J'ai tout de suite trouvé ça très original même si je dois bien admettre que niveau portions ça devient bien moins généreux!
C'est assez simple à réaliser mais c'est du plus chouette effet! La tarte n'aura jamais fini de me séduire et de m'étonner. Si vous ne l'aviez pas encore remarqué au nombre de tartes présentes sur ce blog, je suis une inconditionnelle des tartes. Les saveurs et les textures sont infinies, on ne se lasse pas d'en déguster : toutes les saisons lui vont, autant vous dire que c'est ce qui m'inspire le plus.

La petite estivale se compose d'une crème à la pêche jaune, d'une pâte croustillante à souhaits et d'une chantilly infusée à la verveine.
Comme d'habitude j'utilise la schlagfix pour ma préparation, elle est très neutre en goût et foisonne comme un nuage, son seul "défaut" est sa composition, non bio, mais rien ne foisonne comme elle en version bio.
Le fait que la crème soit neutre en goût est un gros avantage : au lieu d'avoir le goût animal de la crème qui prend le dessus sur des saveurs plus fines et délicates, la verveine prend ici toute sa place et déploie ses arômes avec beaucoup d'aisance. Bon point pour le végétal!


Tarte Verveine et pêche


Difficulté : moyen à confirmé
temps de préparation : 1 heure
Temps de repos : 1 heure

Matériel spécifique : un cercle de 18 cm de diamètre et un emporte pièce en inox (qui ira donc au four) plus petit pour le centre
Si vous souhaitez agrandir ces proportions qui donnent une toute petite tarte pour 4 personnes, doublez ou triplez votre recette

La pâte à tarte façon pâte sucrée vegan


55 g de margarine (la saint hubert bio est sans huile de palme et très pratique grâce à une belle tenue)
25 g de sucre glace
12 g de sucre
12 g de poudre d'amandes
1/2 cuillère à soupe de fécule
15 ml d'eau
1 cuillère à soupe de gomme de guar
100 g de farine
quelques gouttes d'extrait de vanille
1 pincée de sel

La crème à la pêche


200 g de chair de pêche mixée avec 100 g d'eau (retirez bien la peau pour cette partie de la recette!)
25 g de fécule de maïs
20 g de margarine et 20 g d'huile d'olive
1/4 de cuillère à café d'agar agar
55 g de sucre

La chantilly à la verveine (quantité un peu supérieur, mais difficile de monter moins de volume)


100 g de crème à monter végétale
10 g de sucre
une vingtaine de feuilles de verveine fraîche

Garniture


1 pêche jaune
Quelques feuilles de verveine pour la déco
Quelques groseilles pour apporter un peu de couleur

La chantilly à la verveine vegan


1 - La veille, mettez votre verveine ciselée dans votre crème. Le but est d'infuser la crème afin que le goût de la verveine ressorte bien.


Préparation de la pâte à tarte


1 - Mélanger ensemble la margarine et les poudres puis ajouter en dernier lieu la fécule et l'eau.

2 - Ajuster la texture de la pâte en ajoutant plus ou moins d'eau pour obtenir une boule qui se tient mais pas trop collante non plus.

3 -  Etalez légèrement, filmer et mettre au frais pour une durée d'une heure minimum

4 - Après cette période de repos qui vous permettra de foncer plus facilement votre cercle, foncez votre tarte comme si vous alliez la laisser entière puis retirez le centre en détaillant la pâte. Avec un morceau de pâte, réalisez un bord de la hauteur de votre cercle et déposez le au centre. Si vous souhaitez un pas à pas, vous pouvez trouver ça ici . Car parfois quelques images valent mieux qu'un long discours.

5 - Réservez de nouveau au frais pour bien faire refroidir la pâte et éviter qu'elle ne s'affaise à la cuisson.

La crème à la pêche


1 - Mixez finement la chair des pêches avec l'eau, puis mettez dans une casserole avec le reste des ingrédients, en prenant bien soin que tout soit bien mélangé et qu'il ne reste pas de fécule en petits paquets.

2 - Sur feu doux, faites épaissir le mélange, puis, lorsque votre fouet laissera trace de son passage, retirez du feu et réservez au frais.


La chantilly de verveine


1 - Chinoisez votre crème afin d'en retirer la verveine en prenant soin de bien écraser votre verveine pour qu'elle exprime tout ses arômes.

2 - Fouettez cette crème avec le sucre jusqu'à obtenir une chantilly bien montée et lisse.

Montage 


1 - Lissez la crème à la pêche au fouet ou même au batteur, afin qu'elle soit bien fluide, et pochez la dans votre fond de tarte.

2 - Détaillez votre pêche jaune soit en quartiers, soit en cubes, ou même en fines tranches pour réaliser des fleurs (comme sur cette tarte par exemple).

3 - Pochez votre chantilly à la verveine selon votre inspiration, de manière irrégulière de préférence, avec une douille unie.

4 - Disposez les pêches découpées précédemment et ajoutez pour décorer des feuilles fraîches de verveine ainsi que des groseilles pour donner un peu de peps.

5 - Servez bien frais.


En espérant que cette recette vous inspire et vous régale. Et puis au pire, vous pourrez la conserver sous le coude pour l'année prochaine, pas vrai?

Délia ♥ Juste à peine à la bourre




dimanche 3 septembre 2017

Le zéro déchet : l'urgence écologique qui passait pour une lubie bobo

Je crois que je commence sérieusement à cumuler les "lubies de bobo", mais je n'y peux rien, dès que je mets un doigt dans ce genre d'engrenages, j'ai tout le bras qui s'enroule dedans jusqu'à ce que mon corps y soit jeté avec passion, puis que mon âme soit dévorée jusqu'au dernier recoin avec délectation.

A vrai dire, tu as certainement déjà entendu parler du zéro déchet, mais on n'est jamais trop à parler des choses qui urgent.
Imagine toi que la planète, nos déchets, c'est sa bouffe, et qu'elle digère. Là, actuellement, elle est en occlusion intestinale remontée jusque dans la bouche tellement on lui en met, mais on continue encore.
#leglamour

Cet article s'adresse évidemment à ceux qui n'ont pas encore entamé une démarche zéro déchet, pour les autres ça risque d'être légèrement redondant.

Le zéro déchet c'est quoi?


Ca mord pas, c'est pas vraiment exact en soi dans le terme "zéro", mais ça veut dire qu'on tente désespérément de ne pas se servir une double ration de déchet à tous les râteliers.
Ca paraît presque logique, sauf que non, de nos jours, éviter le déchet, c'est pas si facile. Déroulons ta journée par le début, on n'aura pas besoin d'aller bien loin pour que tu réalises combien, mazettes, y'a du déchet dans l'air.
Tu lèves le pied, et tu files à la cuisine. Quoi que tu manges, demande-toi dans quoi c'est emballé. Quelque chose. 
Un truc pas emballé, c'est soit toi qui l'as fait, soit ta mamie qui l'a fait, soit que t'as déjà 20/20 en zéro déchet.
En fait, on peut même s'arrêter là, parce que tout dans ta journée va n'être que frustration d'accumulation de déchets.
De ton ticket que tu prends quand tu payes quelque chose dans la journée, à la chose cellophanée, enrubanée, scotchée, sous blister et trois couches de cartonnage : tout est surremballé.
Même pour le vrac, la grande mode c'est les sacs avec du plastique pour voir ce qu'on achète à travers la fenêtre plastique. Et le plastique, non, c'est pas fantastique.


Pourquoi s'intéresser au zéro déchet?


Mon problème, à moi la meuf cheloue qui fait ses courses en sac tissu, c'est que quand bien même ça se recycle, et bah recycler ça se fait pas en secouant le bout du nez (la référence à ma sorcière bien aimée ne te parlera que si tu avais M6 dans les années 1990). 
Déjà il faut savoir que tout ne se recycle pas. Les cartons trop sales par exemple, de pizzas, ben ça se recycle pas du tout (et tout ce qui est souillé en fait). Pour les autres matériaux recyclables, ça l'est, mais ça coûte énormément de ressources et ça pollue.
Et ouai, pas si écologique que ça de recycler malgré ce qu'on essaye de nous faire passer pour THE solution de l'année.
Alors oui, en soi c'est mieux que de prélever de nouveau des ressources brutes, tout retransformer, et refaire un truc tout neuf, mais c'est pas ce qu'on fait de mieux. Le mieux, ce serait de ne pas le consommer tout court.
La filière du recyclage en France fonctionne assez mal, c'est pas fluide comme on pourrait le penser ; de fait 60% environ de nos déchets recyclables trouvent une renaissance, seulement. Ce chiffre confond toutes les catégories de déchets recyclables mais tous ne sont pas aussi bons élèves.
Il faut savoir aussi que tout ne se recycle pas à l'infini : une bouteille d'eau pourra devenir polaire, mais une polaire ne deviendra pas de nouveau autre chose, ce sera la fin du circuit pour elle.
Le verre est un matériau qu'on a appris depuis longtemps à réutiliser, il est donc presque totalement remis en circuit, mais à contrario, le plastique par exemple est super mal recyclé. Déjà parce que beaucoup de matériaux plastiques ne sont pas recyclables par nature, et puis parce qu'entre les trucs souillés et ceux que les gens ne prennent pas la peine de trier ou se trompent en triant, c'est le BORDEL.
Un véritable casse-tête donc. Qui se finit souvent à l'incinérateur.

Et ces autres déchets non recyclés, ils deviennent quoi alors?


Si tu traînes un peu sur internet, tu auras certainement déjà vu des images d'animaux marins emmêlés dans des sacs en plastique, ou même morts par étouffement à force d'en avaler.
Il est en réalité assez difficile de chiffrer la quantité de déchets qui est relachée dans la nature, mais il te suffira de lever le nez cinq minutes pour comprendre que les déchets, récemment déposés ou non d'ailleurs, t'entourrent. Dans la forêt, à la plage, sous l'eau, c'est une immense déchetterie à ciel ouvert qu'on a fini par créer. En dehors de tout contrôle.
Grâce à nous, y'a de la merde absolument partout sur la planète.
Et puis quand on balance pas nos déchets un peu partout, on les crame, comme ça on en distille aussi dans l'air. Entre les fumées toxiques, et le C02 qui bouffe notre atmosphère, on est bons.

Pourquoi c'est à nous, citoyens, d'agir, alors qu'il existe des instances qui pourraient s'en charger, comme l'état notamment?


Il faut imaginer les choses assez simplement : ceux qui ont les moyens de changer rapidement et facilement la donne sont aussi ceux à qui ça profite un max.
Sous couvert de faire bonne figure et de donner l'impression de changer, les gros lobbies, et l'état qui va avec (car on ne va pas se cacher que tout ceux qui pourraient faire changer les choses au gouvernement on souvent la main dans la boîte à fric qu'ils risqueraient de mettre en péril, c'est bien ficelé tout ça, c'est un circuit fermé sans fuite), ont inventé des petits labels de recyclage, qui te disent juste une chose : OUF MA CONSCIENCE VA MIEUX (je vais pouvoir jeter mes ordures par dessus bord de mon yacht, la baleine qui s'étouffera avec me pardonnera grâce à ce poiçon).
Le point vert que tu vois partout signifie juste que l'entreprise participe à un programme, de toute manière plus ou moins obligatoire, pour valoriser les déchets, et ce de manière financière, pour permettre aux communes de recycler pépouze les déchets qu'ils produisent par millier.
Rassurez-vous y'a pas vraiment d'altruisme là dedans, ils n'ont pas intérêt à ce que la machine s'arrête car cette production de déchets leur est bien profitable, puisqu'ils les vendent (et on les paie sur le prix final de nos achats, parfois plus cher que le produit lui-même).
L'un dans l'autre, ils s'y retrouvent, ce ne sont pas les actionnaires qui vous diront le contraire.
Donc tu te douteras bien que l'envie de changer ne viendra pas d'eux : ça leur coûterait de l'argent, car ça voudrait dire revoir toute leur logique de création de produit, mais aussi toute la chaîne de fabrication, évidemment. Pourquoi investir si tout le monde continue bien sagement à acheter et qu'on peut balancer nos déchets dans le fond des océans?
Encore une fois donc, ça va encore être à nous, à toi, et à moi, consommateurs, de changer la donne. Nous petits planctons, qui, si nous déconnons, pouvons briser toute la chaîne alimentaire ;-)


Et on s'y prend comment alors du coup pour ton zéro déchet?


Je ne vais pas vous dire que c'est simple, parce que ce n'est pas simple.
Le déchet est tellement ancré dans notre mode de vie et surtout dans notre quotidien de consommateur que ça devient compliqué de supprimer à 100% nos déchets.

Mais :

"On ne peut pas, sous prétexte qu'on ne peut pas tout faire en un jour, ne rien faire du tout"

et c'est monsieur l'abbé pierre qui le disait, encore.

Le problème de nos jours, c'est qu'on se place tous comme ce qu'on est tant qu'on n'a pas été informés : des victimes du système dans lequel on vit.
Sauf qu'à partir du moment où l'on sait mais qu'on n'agit pas dans la mesure de ce que l'on pourrait, on change de siège et on en devient alors complice.
Ca déplaît toujours à beaucoup de se sentir dans cette position, ça me déplaît aussi, mais c'est pourtant la vérité. Car qui ne dit mot consent.
Ne rien dire, c'est continuer à aller au supermarché, acheter sous papier, carton, plastique inutile sans essayer de réduire son impact.
Même dans nos plus petits gestes du quotidien se cachent des super pouvoirs de protection de la nature. Alors ne laissons pas nos super pouvoirs au placard, sortons nos capes et nos culottes fluo de super héros du quotidien et passons à l'action.





S'il vous plaît.

Et même si ce n'est pas pour vous, faites le pour votre chien, pour les fruits et légumes que vous aimez le mieux au monde, pour votre enfant, ou juste, rien que pour vous en fait. Pour vous dire que même si tout le monde s'en carre le coquillage, vous aurez fait un geste durable et un acte sincère envers la planète.

Et ça tu vois, c'est 100% zéro déchet, certifié sans blister, sans aluminium, et c'est à la portée de chacun. Et en plus, pour un nouvel acteur zéro déchet, on en voit souvent pousser plusieurs de manière tout à fait spontanée. C'est presque comme les promotions du Auchan dans lequel tu ne te rendras plus quand tu auras découvert qu'on fait de vastes économies en achetant sans déchet, qui te permettront de consommer mieux en tout points!

Alors du fond du coeur, MERCI.

Je prévois donc de vous en parler plus en détail dans une série d'articles consacrés à mes avancées en terme de zéro déchet, et bien évidemment ... ça se passe aussi en cuisine ;-)

Délia ♥ en perpétuelle réflexion 

mardi 29 août 2017

L'envers du décor : comment composer une photographie culinaire

Aujourd'hui, on va assouvir un poil de curiosité (malgré l'été, on n'a pas tout épilé, et ouai, celui-ci est tenace, le bougre).
Je sais que mes derniers articles sur le thème de la photographie culinaire vous avaient bien plu, et même si c'est un exercice difficile pour moi, parce que je n'ai pas le sentiment d'avoir grand chose à vous apprendre (TEAM ONE AGAIN BONJoouuuur), je me suis dit que vous seriez peut-être curieux de savoir ce qu'il se passe derrière mon objectif.

Et
Le stylisme culinaire du pauvre (ou de celui qui n'a pas encore la certitude de vouloir y investir son pel)

Car non, je n'ai pas (encore, mais je cherche dur) une table en bois avec des jolies planches vieillies façon ferme, et encore moins une mise en scène tout à fait spontanée comme sur les photos.
Je pense que chaque photographe culinaire a sa méthode de création : certains partent d'une thème, d'autres d'une ambiance, ou encore de vaisselle, moi je créé d'abord l'objet du délice, et ensuite j'avise.
Comme dit, je ne suis pas très méthodique, ça se joue comme une fontaine créative au moment de la prise, même si j'aimerais savoir précisément ce qui va sortir de la boîte avant même d'avoir mis le nez dans mes cartons de props.

Les quoi qu'elle a dit la dame?

Les props! Si tu en viens à te mettre à la photographie culinaire, tu voudras vite mettre un nom sur le bordel innommable de vaisselle, tissus, torchons, et autres trucs plus ou moins logiques qui te serviront à accessoiriser ton univers gourmand.

Du coup je me suis dit que retracer le cours d'une séance complète du début à la fin ... Ca pourrait être bien sympathique, alors voilà comment je procède. Je précise que chacun a sa manière de faire et que c'est plus une inspiration qu'une règle à prendre au pied de la lettre :-)

1 - Choisir, cuisiner et concevoir son plat


Tablier, torchon, cuillère en bois (ou kitchenaid) en poste. Une idée lumineuse (et évidemment gourmande) vient de te traverser l'esprit.
Généralement, les miennes arrivent comme des envies pressantes et ne me lâchent pas la grappe, je suis presque OBLIGEE de me rendre et de réaliser ladite idée pour pouvoir avancer sur autre chose.
Je pense d'abord évidemment au coté gustatif avec un choix de saveurs (choisir), mais j'essaye aussi de penser à ma séance photo même au moment de cuisiner (concevoir): conserver quelques rondelles de tomate, un demi citron coupé, une jolie feuille de basilic ou quelques framboises.
Une fois le plat ou la pâtisserie prête, je réfléchis à son aspect global, surtout en sucré : donner du contraste ou à contrario jouer le thème de l'unicolore, tout n'est que choix et maîtrise de certaines techniques photographiques!

Ici j'ai opté pour une photographie très sombre et ambiance "low key" (basse luminosité avec un sujet bien mis en lumière), pour mettre en valeur ces jolies prunes de la cueillette. Un beau sujet pour débuter une recette et s'inspirer avant de passer en cuisine.


2 - Le choix crucial du contenant (ou pas)


Le choix de la vaisselle est primordial pour mettre en valeur un plat. Sa forme (plate, creuse, saladier, boacl) et sa couleur sont les premiers critères qui dirigent le choix. Ou même son absence d'ailleurs, car toutes les préparations culinaires ne sont pas forcément mises en valeur par de la vaisselle ;-)
Du riz blanc ressort très peu dans une assiette blanche. Le but est de créer du contraste et de mettre l'aliment en exergue, sans non plus lui voler la vedette.
A ce stade il commence à être important de choisir un fil conducteur, un style, une ambiance, et de savoir quelle impulsion on va donner à sa photo, pour choisir au mieux le contenant.
Pour les biscuits, certains plats salés de type street food, il peut être intéressant de sortir des sentiers battus pour proposer une présentation un peu moins carrée et conventionnelle. On trouve dans certains magasins des emballages propres (type journal niveau visuel), on peut détourner des boîtes de conserve, des tissus, que sais-je encore.
La seule chose importante,c 'est de faire avec ce qu'on a, mais aussi de mettre une touche d'originalité.
J'ai regroupé tous mes props au même endroit, par type de contenant, histoire d'avoir plus de facilité à choisir au moment venu, mais il peut-être intéressant d'orienter son choix en repensant à des idées croisées sur le net, notamment sur pinterest par exemple.

Pas de contenant pour cet entremets, ça aurait gâché sa forme, à moins de trouver un truc en forme ... de coeur! 


3 - Montrer l'aliment sous son plus beau profil


Quand on cuisine un plat en sauce, ce n'est pas très ragoutant de mélanger les pâtes, la sauce et tout le tintouin comme on le ferait pour gober son assiette. Sauf si ça fait partie intégrante d'une mise ne scène pour donner un coté convivial et très "everyday food" à son cliché.
On prend soin de bien "dresser" son plat selon son idée, et en fonction de son contenant donc.
Sur un gâteau, il y a toujours un coté plus joli, plus parfait ou symétrique (savais-tu que c'est la symétrie qui conditionne notre rapport à la beauté chez nos pairs? Plus t'es symétrique, plus t'es "beau" universellement!), dans mon travail de pâtissière c'est devenu un réflexe de mettre en avant le plus joli coté, mais je vous assure qu'une séance photo avec un petit détail oublié sur le moment peut vite finir par vous rendre fous au moment de la retouche ;-).
Dans cette optique de plat bien appétant, on peut prévoir de rajouter en dernière minute un filet de sirop d'agave, une sauce chocolat dégoulinante ou un peu de sucre glace ou d'huile d'olive. C'est aussi à ce moment qu'on dispose avec un peu plus de précision une jolie feuille de salade, un petit morceau de melon, une flopée de graines, ou une feuille de basilic bien fraîche. Mais avant il faut s'assurer d'avoir bien  planté le décor.

De fait, ce qui peut apparaître comme un défaut (coulure par exemple) devient un outil de gourmandise puissant sur la snickersette

4 - La valse lente de la mise en scène : mettre le plat en avant tout en lui construisant une histoire


Le plat est prêt et déjà dans son contenant, c'est bien mignon, mais la moitié du travail reste à faire.
Mais comme votre idée est déjà dans votre tête... Travail bien préparé, travail à moitié fait, disait mon maître d'apprentissage Dominique ; et il avait raison!
J'essaye de coller à l'idée que j'avais en tête, mais parfois, ça rendait mieux quand c'était là haut, alors je compose avec un panel de tissus et accessoires que j'avais mis sur le banc de touche au cas où mon équipe ne serait pas la winneuse pour le style de photo que je recherche.
J'essaye de faire en sorte que la mise en scène raconte une histoire, replace le plat dans un contexte. Pour que la personne qui regarde l'image s'identifie, et y trouve autre chose qu'une touche de gourmandise : parler aux estomacs, en somme, plus qu'aux yeux.
Le fond entre en jeu, on place tout le décor et on prévoit la place pour la starlette du jour.
Bien préparer son décor en pré shoot est hyper important si l'on photographie des trucs qui craignent la température ambiante, surtout en été. Cette affirmation est d'autant plus vraie quand il s'agit de glaces, si vous voulez photographier des boules en photo je vous conseille même de faire les boules et de les remettre au congélateur pour qu'elle prennent bien!
Pour ce qui est du fond, je shoote un peu partout selon la lumière alors je positionne mon contreplaqué de manière à obtenir un angle presque droit (mais qui ne risque pas devenir s'écraser sur ce que je photographie, ça m'est déjà arrivé) et je fixe éventuellement des feuilles de fond canson dessus. Une véritable installation digne des plus grand artistes bidouilleurs.


Nova tape parfois l'incruste pour ajouter sa "patte". Ici on a le fond en planches posé sur un lit, un contreplaqué basique acheté chez casto, et une feuille rose fixée par dessus.


5 - Jouer avec la lumière


Après avoir positionné toute sa mise en scène, il faut aussi penser à sa lumière. Si vous songez à prendre un parti spécial (sombre ou au contraire surexposé), il vous faudra tamiser, masquer, rapprocher d'une fenêtre ...
Je shoote toujours en lumière naturelle, et j'ai beaucoup de luminosité dans l'appartement.
Pour filtrer un peu de lumière on peut très bien utiliser un voilage sur toute la fenêtre, qui permet d'avoir une lumière moins crue (un peu comme un filtre), mais il se peut que de simples morceaux de carton permettent d'orienter la lumière comme on le souhaite. J'en positionne autant qu'il le faut en les faisant tenir grâce à des tabourets, des chaises, de la patafix .. Si Nova ne bougeait pas autant, je lui en mettrais même parfois entre les pattes!
Ensuite, je positionne enfin mon plat, et j'ajuste ma lumière en finissant d'ajouter un grand panneau de polystyrène, orienté de manière à récupérer la lumière et gommer les ombres qui risqueraient d'être trop crues du coté opposé à la lumière. Vous pouvez évidemment acheter un vrai réflecteur, mais cette solution permet de recycler un matériau assez simple à trouver et qui fait bien le job, en plus d'être très léger!
Et c'est parti pour le shooting.



6 - Vérification techniques et évolution de la mise en scène


Pendant la séance, vous pouvez shooter relié directement à votre ordinateur, mais aussi regarder en zoomant l'aperçu de votre appareil numérique.
Il m'arrive aussi carrément de retirer la carte SD et de vérifier plus précisément sur ordinateur si ce que j'y vois me convient, parce que le nombre de fois où il m'est arrivé de ne remarquer un défaut qu'une fois tout rangé ... (et avalé aussi) ! C'est ultra rageant!
J'ai aussi souvent tendance à changer un peu ma mise en scène, parce que je pense ne pas toujours faire les bons choix visuels en pré séance, et que je réalise que ça ne rend pas exactement comme je le souhaiterais. Je bouge des éléments, je regarde dans mon viseur pour vérifier le rendu ... ou je bouge en ayant l'oeil dans le viseur directement pour obtenir ce que je recherche!
Enfin, le truc qui personnellement me rend folle, c'est quand ma lumière a des sous tons et que je recherche de la neutralité. La balance des blancs pourra vous rendre fous, c'est vraiment un critère à ne pas prendre à la légère car même avec une retouche c'est difficile à coriger, donc je n'hésite plus à bien vérifier et ajuster les réglages de mon appareil en conséquence.

Ici j'ai retiré  une partie de la déco en arrière et "ouvert" le sujet en deux pour mieux apercevoir sa gourmandise sucrée. Je vous conseille de bien vérifier que les photos du sujet entier sont à votre goût avant de l'attaquer.

7 - Laisser son regard changer et retoucher


Je ne regarde que rarement mes clichés tout de suite après la prise, j'aime me laisser quelques jours pour avoir un regard neuf et détaché par rapport à ce que j'ai photographié. Comme si j'y était trop attachée dans les premiers jours pour être parfaitement objective.
Je supprime d'office les vrais loupés : flous, première photo de la série qui joue le rôle de crash test, cadrages moches et peu flatteurs (surtout s'ils sont trop serrés, pour les plans plus larges on peut toujours recadrer et réorienter).
Et je me lance dans la sélection d'images les plus jolies.
Evidemment, je retouche les photos que je préfère ou que je pense avoir le plus de potentiel (parce que le potentiel a parfois besoin d'un coup de pouce!).
Et vous trouvez donc la version finale, celle que je vous présente par ici généralement.

Ici je n'aurais pas osé ajouter autant de retouches si j'avais attaqué juste après la prise. Prendre du recul me permet de me détacher de mon original et de penser à mon final plus simplement. 

Je ne sais pas vraiment si vous aurez des questions après ce flot d'informations pas forcément toutes aussi pertinentes les unes que les autres, mais j'espère que ça vous aura servi d'une quelconque manière.

N'hésitez pas à ajouter vos pratiques personnelles et à me poser d'autres questions si il vous manquait quelque chose.

Bisous doux,

Délia ♥ 



mercredi 23 août 2017

La tarte aux mûres

Avant toute chose, sachez que dès que je fais une tarte aux fruits, je ne peux pas m'empêcher de penser à ce sketch de kaamelott qui parle de la tarte aux myrtilles. Si vous ne l'avez jamais vu, vous ne verrez plus jamais les tartes de la même manière après, et pour sûr, vous vous taperez une bonne tranche de rigolade. ( à moins que vous n'aimiez pas du tout cette série, mais je ne sais pas si c'est possible de résister à cet épisode là, parce que c'est franchement une perle, tellement une perle que je n'ai trouvé que des parodies et pas l'original).




Je disais donc, tarte aux mûres.
Et les mûres, ça tombe bien parce que ces derniers temps, il n'y a qu'à trouver un buisson, un seul, et c'est la tarte aux mûres assurée, parce que c'est pile poile la bonne saison (tout du moins ici en ile de france, si tu as un climat plus favorable c'est bien possible que tes mûres soient déjà en confiture depuis un bail).
Je sais qu'on ne choisit pas forcément, mais selon l'âge des pieds et leur ensoleillement les mûres sont plus ou moins grosses, sucrées et juteuses et je ne peux donc que vous conseiller de tester différents coins à mûres en ne faisant confiance qu'à votre bouche. Parce que c'est bien ce qui compte le plus dans cette histoire.

C'est une recette d'une simplicité presque décevante, mais ce qu'il y a de bien avec la simplicité en pâtisserie, c'est que c'est souvent ce qui nous ramène à des souvenirs lointains et familiaux, alors je crois qu'on aime tous, sans me tromper, cette bonne vieille tarte aux mûres. Même si on en avale déjà les 2/3 en les cueillant.

D'ailleurs à propos de la cuillette, je reviens sur le fait qu'il est quand même important de trouver des buissons assez hauts car nous ne sommes pas les seuls à aimer les baies sauvages et certains animaux sont porteurs de maladie, ce serait donc dommage de se chopper des maladies pour une tarte.

Les fonds ont tendance à ne pas trop colorer et à devenir un peu durs. Personnellement j'aime quand les fonds de tarte croustillent donc ce n'est pas un souci pour moi d'attendre que la couleur arrive (il faut donc prolonger un peu la cuisson), mais si vous aimez une pâte plutôt molle, surtout si vous consommez votre tarte rapidement après l'avoir préparée, je vous conseille de baisser le temps de cuisson à 25 minutes environ, pas plus, même si les fonds vous paraissent crus. Le jaune d'oeuf joue initialement le rôle principal dans la coloration, comme ici il n'y en a pas, ben ça ne colore pas tant. #Enstein


Tarte aux mûres vegan


Vous pouvez réaliser soit des tartelettes (6) soit une grande tarte avec cette recette, à vous de choisir ce qui vous plaît le plus (vous aurez deviné que j'ai un penchant pour les petits formats)

La pâte sucrée


110 g de margarine
50 g de sucre glace
25 g de sucre
25 g de poudre d'amande
1 cuillère à soupe de fécule (pomme de terre, ou maïs)
30 ml d'eau
2 cuillères à café de gomme de guar (c'est un très bon liant, il ne se remplace pas, à la limite on peut le retirer de la recette mais la texture sera différente, on peut en trouver au magasin bio)
200 g de farine

La crème pâtissière


500 ml de lait végétal
75 g de maizena
50 g de margarine végane
2 g d'agar agar (1 cuillère à café rase)
120 g de sucre

La garniture


375 g de mûres (plus si vous voulez un rendu très généreux en mûres)



Préparation de la pâte sucrée


1 - Mélangez ensemble les poudres, sauf la fécule que vous mélangerez dans un récipient avec de l'eau.

2 - Ajoutez la margarine, puis votre "oeuf végétal", qui n'est autre que votre fécule et votre eau.

3 - La pâte doit former une boule, facile à travailler et pas collante sous la main, si ce n'est pas le cas, ajoutez un peu de farine.

4 - Réservez votre boule de pâte au frais pendant une heure afin que la margarine fige de nouveau et soit plus facile à travailler, surtout s'il fait chaud.
Etalez votre pâte pour une épaisseur d'environ 3 mm et foncez soit votre moule à tarte soit vos moules à tartelettes.
Remettez à prendre au frais et cuisez avec des poids à 180°C pendant une vingtaine de minutes, plus si vous aimez les fonds bien croquants et colorés.


La crème pâtissière végétale


Mettez tous les ingrédients sauf la margarine dans la casserole en ayant pris soin de bien remuer, puis faites épaissir au fouet à feu doux.
La crème doit bien lier et épaissir, retirez-là alors du feu et incorporez la margarine.
Débarrassez dans un récipient propre et filmez au contact pour éviter que la crème ne croûte.


Le montage de la tarte


1 - Fouettez vigoureusement votre crème pâtissière afin de la rendre lisse de nouveau.

2 - Garnissez-en les fonds de tartelettes ou le fond de tarte.

3 - Disposez généreusement vos mûres sur le dessus. Parsemez éventuellement de sucre glace et servez.


J'espère que ce basique intemporel vous aura plu.
Passez de doux moments dans les ronces.

Bonne gourmandise.

Délia ♥ 

jeudi 17 août 2017

Le framboisier ispahan

Je sais d'avance que cette recette plaira aux fines papilles qui apprécient Pierre Hermé et son très (très, très, très, TRES) célèbre ispahan. De la framboise, du litchi et de la rose, ce genre de mélange de saveurs complètement improbable, et qui pourtant forme un des ménages à trois les plus évidents quand on l'a en bouche.
Si vous n'y avez jamais goûté, vous serez certainement un peu rebutés par le goût de la rose, mais je vous le promets, passez outre cet à priori car l'hispahan le vaut bien.

Même si je pense qu'il n'est plus à présenter, l'ispahan se compose comme suit : on a d'abord l'arôme puissant du litchi, qui prend toute la bouche et explose de son jus généreux, puis vient ensuite se mélanger aux notes la rose, pour finir par s'enrouler dans l'acidité salvatrice de la framboise, pétillante et qui vient donner à ce mélange qui pourrait être écoeurant un peu de fantaisie.

Cette idée de framboisier me trottait entre les deux oreilles depuis presque deux ans, je crois qu'il était temps que je m'y mette.

La recette est beaucoup plus simple qu'un framboisier traditionnel : de simples mélanges, quelques temps de repos, mais un temps de préparation réduit. Le résultat quant à lui est à la hauteur des espérances : doux, sucré, et très équilibré.
Je ne peux que vous conseiller de doser votre arôme de rose avec beaucoup de délicatesse.
Le mien est une eau de rose bio de la marque Bio cook, qui est très douce. Je l'ai évidemment dosée en fonction de son arôme, mais je pense que toutes les marques ne se valent pas, je vous invite donc à procéder par étape : le but recherché n'est pas de finir avec un arôme aussi prenant qu'un pot pourri, mais bien d'obtenir la saveur subtile de la rose.

Assez parlé, enfilez votre tablier, et filez en cuisine. 

framboisier rose et litchi

Framboisier ispahan (rose, framboise et litchi) Vegan


Temps de préparation : une heure environ
Difficulté : médium
Matériel spécifique requis : un cercle de 18 centimètres de diamètre
rodhoïd (à acheter en magasin de pâtisserie type alice délice ou zodio, ou mieux, sur internet, attention à bien choisir la hauteur correspondant à votre cercle, ici par défaut 4.5 cm :-) )

la génoise ( à diviser en deux, soit directement avant cuisson soit en détaillant après, la première option étant plus simple, même si plus gourmande en énergie de four)


60 g de farine (si vous souhaitez une version sans gluten, dosez un mélange de farine de riz complet, pois chiche et maïs)
20 g de poudre d'amandes
1/4 de cuillère à café de bcarbonate
1/4 cuillère à café de vinaigre de cidre
80 ml de lait de soja
15 g d'huile d'olive
Extrait de vanille


La crème


30 g de sucre
15 g de fécule
1 cuillère à café 1/2 d'agar agar
35 g d'huile de coco désodorisée (important pour ne pas avoir le goût de la noix de coco)
60 g de margarine au goût neutre type provamel ou saint hubert bio, mais attention à la version demi sel
300 ml de lait de soja
40 g de sucre
Arôme de rose (à doser à froid, pour mieux se rendre compte, quelques gouttes suffisent! J'en ai mis 5!)


Sirop d'imbibage


30 g de sucre
30 g d'eau
1 bouchon de kirsh
Quelques gouttes d'arôme de rose

Autres ingrédients 

150 g de framboises fraîches 
1/2 boîte de litchis au sirop 
1 petit pain de pâte d'amande 


Réalisation de la crème à la rose


1 - Mélangez tous les ingrédients sauf la margarine dans une casserole, et faites bouillir puis épaissir sur le feu.

2 - Mixez la préparation, et mettre au frais jusqu'à complet refroidissement en ayant pris soin de la filmer au contact.

Réalisation de la génoise

1 - Mélangez le lait de soja avec le vinaigre de cidre et laissez reposer quelques minutes.
Dans un autre récipient, mélangez les ingrédients secs. 

2 - Mélangez les deux composantes, ajoutez l'huile d'olive et l'extrait de vanille et coulez dans le cercle posé sur un papier sulfurisé au four à 180°C pendant 15 mnutes

3 - Décerclez et laissez refroidir.

Réalisation du sirop 


Faites bouillir ensemble le sucre et l'eau, et ajoutez le kirsch et les gouttes d'eau de rose.


Montage


1 - Préparez votre cercle en le chemisant d'un rhodoïd, puis déposez votre premier disque de biscuit. Je préfère le préciser mais montez votre framboisier sur un rond or ou l'assiette que vous destinez au service, il sera difficile de le déplacer ensuite.

2 - Imbibez généreusement le disque de biscuit, puis disposez selon votre envie soi des framboises, soit un mix frabmboises/litchi sur le pourtours du cercle.

3 - Sortez votre crème et la margarine à la même température (très important), du frigo. Commencez par fouetter votre margarine seule au batteur pour la rendre souple, puis ajoutez la crème et faites juste monter, à vitesse moyenne.
Si la crème tranche, ne fouettez pas plus fort, chaufffez éventuellement le mélange, mais ne vous acharnez pas ; vous risqueriez de faire pire!

4 - Appliquez de la crème contre votre tour de fruits puis dans le fond, et déposez une belle couche de litchi et framboises. 
Recouvrez de crème.

5 - Imbibez le deuxième disque de génoise, puis déposez le sur la crème.
Remettez une dernière couche de crème pour recouvrir le biscuit, puis mettez au frais à prendre.

6 - Etalez votre pâte d'amandes, et déposez là sur votre framboisier.
Passez un couteau sur tout le tour pour un rendu bien net.


Ce framboisier est à déguster bien frais, avec de préférence une joli coupette de champagne! ;-) (une hein, pas douze, on veut pas te retrouver en train de faire tourner ta serviette sur la table!)

La crème est un peu capricieuse, je cherche une nouvelle recette moins têtue, mais n'ayant pas trouvé d'alternative qui m'apporte une entière satisfaction pour le moment, je vous partage celle-ci.
En espérant que vous parveniez au résultat escompté.

Je vous laisse, j'ai poney licorne.

Bisous

Délia ♥