mardi 29 août 2017

L'envers du décor : comment composer une photographie culinaire

Aujourd'hui, on va assouvir un poil de curiosité (malgré l'été, on n'a pas tout épilé, et ouai, celui-ci est tenace, le bougre).
Je sais que mes derniers articles sur le thème de la photographie culinaire vous avaient bien plu, et même si c'est un exercice difficile pour moi, parce que je n'ai pas le sentiment d'avoir grand chose à vous apprendre (TEAM ONE AGAIN BONJoouuuur), je me suis dit que vous seriez peut-être curieux de savoir ce qu'il se passe derrière mon objectif.

Et
Le stylisme culinaire du pauvre (ou de celui qui n'a pas encore la certitude de vouloir y investir son pel)

Car non, je n'ai pas (encore, mais je cherche dur) une table en bois avec des jolies planches vieillies façon ferme, et encore moins une mise en scène tout à fait spontanée comme sur les photos.
Je pense que chaque photographe culinaire a sa méthode de création : certains partent d'une thème, d'autres d'une ambiance, ou encore de vaisselle, moi je créé d'abord l'objet du délice, et ensuite j'avise.
Comme dit, je ne suis pas très méthodique, ça se joue comme une fontaine créative au moment de la prise, même si j'aimerais savoir précisément ce qui va sortir de la boîte avant même d'avoir mis le nez dans mes cartons de props.

Les quoi qu'elle a dit la dame?

Les props! Si tu en viens à te mettre à la photographie culinaire, tu voudras vite mettre un nom sur le bordel innommable de vaisselle, tissus, torchons, et autres trucs plus ou moins logiques qui te serviront à accessoiriser ton univers gourmand.

Du coup je me suis dit que retracer le cours d'une séance complète du début à la fin ... Ca pourrait être bien sympathique, alors voilà comment je procède. Je précise que chacun a sa manière de faire et que c'est plus une inspiration qu'une règle à prendre au pied de la lettre :-)

1 - Choisir, cuisiner et concevoir son plat


Tablier, torchon, cuillère en bois (ou kitchenaid) en poste. Une idée lumineuse (et évidemment gourmande) vient de te traverser l'esprit.
Généralement, les miennes arrivent comme des envies pressantes et ne me lâchent pas la grappe, je suis presque OBLIGEE de me rendre et de réaliser ladite idée pour pouvoir avancer sur autre chose.
Je pense d'abord évidemment au coté gustatif avec un choix de saveurs (choisir), mais j'essaye aussi de penser à ma séance photo même au moment de cuisiner (concevoir): conserver quelques rondelles de tomate, un demi citron coupé, une jolie feuille de basilic ou quelques framboises.
Une fois le plat ou la pâtisserie prête, je réfléchis à son aspect global, surtout en sucré : donner du contraste ou à contrario jouer le thème de l'unicolore, tout n'est que choix et maîtrise de certaines techniques photographiques!

Ici j'ai opté pour une photographie très sombre et ambiance "low key" (basse luminosité avec un sujet bien mis en lumière), pour mettre en valeur ces jolies prunes de la cueillette. Un beau sujet pour débuter une recette et s'inspirer avant de passer en cuisine.


2 - Le choix crucial du contenant (ou pas)


Le choix de la vaisselle est primordial pour mettre en valeur un plat. Sa forme (plate, creuse, saladier, boacl) et sa couleur sont les premiers critères qui dirigent le choix. Ou même son absence d'ailleurs, car toutes les préparations culinaires ne sont pas forcément mises en valeur par de la vaisselle ;-)
Du riz blanc ressort très peu dans une assiette blanche. Le but est de créer du contraste et de mettre l'aliment en exergue, sans non plus lui voler la vedette.
A ce stade il commence à être important de choisir un fil conducteur, un style, une ambiance, et de savoir quelle impulsion on va donner à sa photo, pour choisir au mieux le contenant.
Pour les biscuits, certains plats salés de type street food, il peut être intéressant de sortir des sentiers battus pour proposer une présentation un peu moins carrée et conventionnelle. On trouve dans certains magasins des emballages propres (type journal niveau visuel), on peut détourner des boîtes de conserve, des tissus, que sais-je encore.
La seule chose importante,c 'est de faire avec ce qu'on a, mais aussi de mettre une touche d'originalité.
J'ai regroupé tous mes props au même endroit, par type de contenant, histoire d'avoir plus de facilité à choisir au moment venu, mais il peut-être intéressant d'orienter son choix en repensant à des idées croisées sur le net, notamment sur pinterest par exemple.

Pas de contenant pour cet entremets, ça aurait gâché sa forme, à moins de trouver un truc en forme ... de coeur! 


3 - Montrer l'aliment sous son plus beau profil


Quand on cuisine un plat en sauce, ce n'est pas très ragoutant de mélanger les pâtes, la sauce et tout le tintouin comme on le ferait pour gober son assiette. Sauf si ça fait partie intégrante d'une mise ne scène pour donner un coté convivial et très "everyday food" à son cliché.
On prend soin de bien "dresser" son plat selon son idée, et en fonction de son contenant donc.
Sur un gâteau, il y a toujours un coté plus joli, plus parfait ou symétrique (savais-tu que c'est la symétrie qui conditionne notre rapport à la beauté chez nos pairs? Plus t'es symétrique, plus t'es "beau" universellement!), dans mon travail de pâtissière c'est devenu un réflexe de mettre en avant le plus joli coté, mais je vous assure qu'une séance photo avec un petit détail oublié sur le moment peut vite finir par vous rendre fous au moment de la retouche ;-).
Dans cette optique de plat bien appétant, on peut prévoir de rajouter en dernière minute un filet de sirop d'agave, une sauce chocolat dégoulinante ou un peu de sucre glace ou d'huile d'olive. C'est aussi à ce moment qu'on dispose avec un peu plus de précision une jolie feuille de salade, un petit morceau de melon, une flopée de graines, ou une feuille de basilic bien fraîche. Mais avant il faut s'assurer d'avoir bien  planté le décor.

De fait, ce qui peut apparaître comme un défaut (coulure par exemple) devient un outil de gourmandise puissant sur la snickersette

4 - La valse lente de la mise en scène : mettre le plat en avant tout en lui construisant une histoire


Le plat est prêt et déjà dans son contenant, c'est bien mignon, mais la moitié du travail reste à faire.
Mais comme votre idée est déjà dans votre tête... Travail bien préparé, travail à moitié fait, disait mon maître d'apprentissage Dominique ; et il avait raison!
J'essaye de coller à l'idée que j'avais en tête, mais parfois, ça rendait mieux quand c'était là haut, alors je compose avec un panel de tissus et accessoires que j'avais mis sur le banc de touche au cas où mon équipe ne serait pas la winneuse pour le style de photo que je recherche.
J'essaye de faire en sorte que la mise en scène raconte une histoire, replace le plat dans un contexte. Pour que la personne qui regarde l'image s'identifie, et y trouve autre chose qu'une touche de gourmandise : parler aux estomacs, en somme, plus qu'aux yeux.
Le fond entre en jeu, on place tout le décor et on prévoit la place pour la starlette du jour.
Bien préparer son décor en pré shoot est hyper important si l'on photographie des trucs qui craignent la température ambiante, surtout en été. Cette affirmation est d'autant plus vraie quand il s'agit de glaces, si vous voulez photographier des boules en photo je vous conseille même de faire les boules et de les remettre au congélateur pour qu'elle prennent bien!
Pour ce qui est du fond, je shoote un peu partout selon la lumière alors je positionne mon contreplaqué de manière à obtenir un angle presque droit (mais qui ne risque pas devenir s'écraser sur ce que je photographie, ça m'est déjà arrivé) et je fixe éventuellement des feuilles de fond canson dessus. Une véritable installation digne des plus grand artistes bidouilleurs.


Nova tape parfois l'incruste pour ajouter sa "patte". Ici on a le fond en planches posé sur un lit, un contreplaqué basique acheté chez casto, et une feuille rose fixée par dessus.


5 - Jouer avec la lumière


Après avoir positionné toute sa mise en scène, il faut aussi penser à sa lumière. Si vous songez à prendre un parti spécial (sombre ou au contraire surexposé), il vous faudra tamiser, masquer, rapprocher d'une fenêtre ...
Je shoote toujours en lumière naturelle, et j'ai beaucoup de luminosité dans l'appartement.
Pour filtrer un peu de lumière on peut très bien utiliser un voilage sur toute la fenêtre, qui permet d'avoir une lumière moins crue (un peu comme un filtre), mais il se peut que de simples morceaux de carton permettent d'orienter la lumière comme on le souhaite. J'en positionne autant qu'il le faut en les faisant tenir grâce à des tabourets, des chaises, de la patafix .. Si Nova ne bougeait pas autant, je lui en mettrais même parfois entre les pattes!
Ensuite, je positionne enfin mon plat, et j'ajuste ma lumière en finissant d'ajouter un grand panneau de polystyrène, orienté de manière à récupérer la lumière et gommer les ombres qui risqueraient d'être trop crues du coté opposé à la lumière. Vous pouvez évidemment acheter un vrai réflecteur, mais cette solution permet de recycler un matériau assez simple à trouver et qui fait bien le job, en plus d'être très léger!
Et c'est parti pour le shooting.



6 - Vérification techniques et évolution de la mise en scène


Pendant la séance, vous pouvez shooter relié directement à votre ordinateur, mais aussi regarder en zoomant l'aperçu de votre appareil numérique.
Il m'arrive aussi carrément de retirer la carte SD et de vérifier plus précisément sur ordinateur si ce que j'y vois me convient, parce que le nombre de fois où il m'est arrivé de ne remarquer un défaut qu'une fois tout rangé ... (et avalé aussi) ! C'est ultra rageant!
J'ai aussi souvent tendance à changer un peu ma mise en scène, parce que je pense ne pas toujours faire les bons choix visuels en pré séance, et que je réalise que ça ne rend pas exactement comme je le souhaiterais. Je bouge des éléments, je regarde dans mon viseur pour vérifier le rendu ... ou je bouge en ayant l'oeil dans le viseur directement pour obtenir ce que je recherche!
Enfin, le truc qui personnellement me rend folle, c'est quand ma lumière a des sous tons et que je recherche de la neutralité. La balance des blancs pourra vous rendre fous, c'est vraiment un critère à ne pas prendre à la légère car même avec une retouche c'est difficile à coriger, donc je n'hésite plus à bien vérifier et ajuster les réglages de mon appareil en conséquence.

Ici j'ai retiré  une partie de la déco en arrière et "ouvert" le sujet en deux pour mieux apercevoir sa gourmandise sucrée. Je vous conseille de bien vérifier que les photos du sujet entier sont à votre goût avant de l'attaquer.

7 - Laisser son regard changer et retoucher


Je ne regarde que rarement mes clichés tout de suite après la prise, j'aime me laisser quelques jours pour avoir un regard neuf et détaché par rapport à ce que j'ai photographié. Comme si j'y était trop attachée dans les premiers jours pour être parfaitement objective.
Je supprime d'office les vrais loupés : flous, première photo de la série qui joue le rôle de crash test, cadrages moches et peu flatteurs (surtout s'ils sont trop serrés, pour les plans plus larges on peut toujours recadrer et réorienter).
Et je me lance dans la sélection d'images les plus jolies.
Evidemment, je retouche les photos que je préfère ou que je pense avoir le plus de potentiel (parce que le potentiel a parfois besoin d'un coup de pouce!).
Et vous trouvez donc la version finale, celle que je vous présente par ici généralement.

Ici je n'aurais pas osé ajouter autant de retouches si j'avais attaqué juste après la prise. Prendre du recul me permet de me détacher de mon original et de penser à mon final plus simplement. 

Je ne sais pas vraiment si vous aurez des questions après ce flot d'informations pas forcément toutes aussi pertinentes les unes que les autres, mais j'espère que ça vous aura servi d'une quelconque manière.

N'hésitez pas à ajouter vos pratiques personnelles et à me poser d'autres questions si il vous manquait quelque chose.

Bisous doux,

Délia ♥ 



mercredi 23 août 2017

La tarte aux mûres

Avant toute chose, sachez que dès que je fais une tarte aux fruits, je ne peux pas m'empêcher de penser à ce sketch de kaamelott qui parle de la tarte aux myrtilles. Si vous ne l'avez jamais vu, vous ne verrez plus jamais les tartes de la même manière après, et pour sûr, vous vous taperez une bonne tranche de rigolade. ( à moins que vous n'aimiez pas du tout cette série, mais je ne sais pas si c'est possible de résister à cet épisode là, parce que c'est franchement une perle, tellement une perle que je n'ai trouvé que des parodies et pas l'original).




Je disais donc, tarte aux mûres.
Et les mûres, ça tombe bien parce que ces derniers temps, il n'y a qu'à trouver un buisson, un seul, et c'est la tarte aux mûres assurée, parce que c'est pile poile la bonne saison (tout du moins ici en ile de france, si tu as un climat plus favorable c'est bien possible que tes mûres soient déjà en confiture depuis un bail).
Je sais qu'on ne choisit pas forcément, mais selon l'âge des pieds et leur ensoleillement les mûres sont plus ou moins grosses, sucrées et juteuses et je ne peux donc que vous conseiller de tester différents coins à mûres en ne faisant confiance qu'à votre bouche. Parce que c'est bien ce qui compte le plus dans cette histoire.

C'est une recette d'une simplicité presque décevante, mais ce qu'il y a de bien avec la simplicité en pâtisserie, c'est que c'est souvent ce qui nous ramène à des souvenirs lointains et familiaux, alors je crois qu'on aime tous, sans me tromper, cette bonne vieille tarte aux mûres. Même si on en avale déjà les 2/3 en les cueillant.

D'ailleurs à propos de la cuillette, je reviens sur le fait qu'il est quand même important de trouver des buissons assez hauts car nous ne sommes pas les seuls à aimer les baies sauvages et certains animaux sont porteurs de maladie, ce serait donc dommage de se chopper des maladies pour une tarte.

Les fonds ont tendance à ne pas trop colorer et à devenir un peu durs. Personnellement j'aime quand les fonds de tarte croustillent donc ce n'est pas un souci pour moi d'attendre que la couleur arrive (il faut donc prolonger un peu la cuisson), mais si vous aimez une pâte plutôt molle, surtout si vous consommez votre tarte rapidement après l'avoir préparée, je vous conseille de baisser le temps de cuisson à 25 minutes environ, pas plus, même si les fonds vous paraissent crus. Le jaune d'oeuf joue initialement le rôle principal dans la coloration, comme ici il n'y en a pas, ben ça ne colore pas tant. #Enstein


Tarte aux mûres vegan


Vous pouvez réaliser soit des tartelettes (6) soit une grande tarte avec cette recette, à vous de choisir ce qui vous plaît le plus (vous aurez deviné que j'ai un penchant pour les petits formats)

La pâte sucrée


110 g de margarine
50 g de sucre glace
25 g de sucre
25 g de poudre d'amande
1 cuillère à soupe de fécule (pomme de terre, ou maïs)
30 ml d'eau
2 cuillères à café de gomme de guar (c'est un très bon liant, il ne se remplace pas, à la limite on peut le retirer de la recette mais la texture sera différente, on peut en trouver au magasin bio)
200 g de farine

La crème pâtissière


500 ml de lait végétal
75 g de maizena
50 g de margarine végane
2 g d'agar agar (1 cuillère à café rase)
120 g de sucre

La garniture


375 g de mûres (plus si vous voulez un rendu très généreux en mûres)



Préparation de la pâte sucrée


1 - Mélangez ensemble les poudres, sauf la fécule que vous mélangerez dans un récipient avec de l'eau.

2 - Ajoutez la margarine, puis votre "oeuf végétal", qui n'est autre que votre fécule et votre eau.

3 - La pâte doit former une boule, facile à travailler et pas collante sous la main, si ce n'est pas le cas, ajoutez un peu de farine.

4 - Réservez votre boule de pâte au frais pendant une heure afin que la margarine fige de nouveau et soit plus facile à travailler, surtout s'il fait chaud.
Etalez votre pâte pour une épaisseur d'environ 3 mm et foncez soit votre moule à tarte soit vos moules à tartelettes.
Remettez à prendre au frais et cuisez avec des poids à 180°C pendant une vingtaine de minutes, plus si vous aimez les fonds bien croquants et colorés.


La crème pâtissière végétale


Mettez tous les ingrédients sauf la margarine dans la casserole en ayant pris soin de bien remuer, puis faites épaissir au fouet à feu doux.
La crème doit bien lier et épaissir, retirez-là alors du feu et incorporez la margarine.
Débarrassez dans un récipient propre et filmez au contact pour éviter que la crème ne croûte.


Le montage de la tarte


1 - Fouettez vigoureusement votre crème pâtissière afin de la rendre lisse de nouveau.

2 - Garnissez-en les fonds de tartelettes ou le fond de tarte.

3 - Disposez généreusement vos mûres sur le dessus. Parsemez éventuellement de sucre glace et servez.


J'espère que ce basique intemporel vous aura plu.
Passez de doux moments dans les ronces.

Bonne gourmandise.

Délia ♥ 

jeudi 17 août 2017

Le framboisier ispahan

Je sais d'avance que cette recette plaira aux fines papilles qui apprécient Pierre Hermé et son très (très, très, très, TRES) célèbre ispahan. De la framboise, du litchi et de la rose, ce genre de mélange de saveurs complètement improbable, et qui pourtant forme un des ménages à trois les plus évidents quand on l'a en bouche.
Si vous n'y avez jamais goûté, vous serez certainement un peu rebutés par le goût de la rose, mais je vous le promets, passez outre cet à priori car l'hispahan le vaut bien.

Même si je pense qu'il n'est plus à présenter, l'ispahan se compose comme suit : on a d'abord l'arôme puissant du litchi, qui prend toute la bouche et explose de son jus généreux, puis vient ensuite se mélanger aux notes la rose, pour finir par s'enrouler dans l'acidité salvatrice de la framboise, pétillante et qui vient donner à ce mélange qui pourrait être écoeurant un peu de fantaisie.

Cette idée de framboisier me trottait entre les deux oreilles depuis presque deux ans, je crois qu'il était temps que je m'y mette.

La recette est beaucoup plus simple qu'un framboisier traditionnel : de simples mélanges, quelques temps de repos, mais un temps de préparation réduit. Le résultat quant à lui est à la hauteur des espérances : doux, sucré, et très équilibré.
Je ne peux que vous conseiller de doser votre arôme de rose avec beaucoup de délicatesse.
Le mien est une eau de rose bio de la marque Bio cook, qui est très douce. Je l'ai évidemment dosée en fonction de son arôme, mais je pense que toutes les marques ne se valent pas, je vous invite donc à procéder par étape : le but recherché n'est pas de finir avec un arôme aussi prenant qu'un pot pourri, mais bien d'obtenir la saveur subtile de la rose.

Assez parlé, enfilez votre tablier, et filez en cuisine. 

framboisier rose et litchi

Framboisier ispahan (rose, framboise et litchi) Vegan


Temps de préparation : une heure environ
Difficulté : médium
Matériel spécifique requis : un cercle de 18 centimètres de diamètre
rodhoïd (à acheter en magasin de pâtisserie type alice délice ou zodio, ou mieux, sur internet, attention à bien choisir la hauteur correspondant à votre cercle, ici par défaut 4.5 cm :-) )

la génoise ( à diviser en deux, soit directement avant cuisson soit en détaillant après, la première option étant plus simple, même si plus gourmande en énergie de four)


60 g de farine (si vous souhaitez une version sans gluten, dosez un mélange de farine de riz complet, pois chiche et maïs)
20 g de poudre d'amandes
1/4 de cuillère à café de bcarbonate
1/4 cuillère à café de vinaigre de cidre
80 ml de lait de soja
15 g d'huile d'olive
Extrait de vanille


La crème


30 g de sucre
15 g de fécule
1 cuillère à café 1/2 d'agar agar
35 g d'huile de coco désodorisée (important pour ne pas avoir le goût de la noix de coco)
60 g de margarine au goût neutre type provamel ou saint hubert bio, mais attention à la version demi sel
300 ml de lait de soja
40 g de sucre
Arôme de rose (à doser à froid, pour mieux se rendre compte, quelques gouttes suffisent! J'en ai mis 5!)


Sirop d'imbibage


30 g de sucre
30 g d'eau
1 bouchon de kirsh
Quelques gouttes d'arôme de rose

Autres ingrédients 

150 g de framboises fraîches 
1/2 boîte de litchis au sirop 
1 petit pain de pâte d'amande 


Réalisation de la crème à la rose


1 - Mélangez tous les ingrédients sauf la margarine dans une casserole, et faites bouillir puis épaissir sur le feu.

2 - Mixez la préparation, et mettre au frais jusqu'à complet refroidissement en ayant pris soin de la filmer au contact.

Réalisation de la génoise

1 - Mélangez le lait de soja avec le vinaigre de cidre et laissez reposer quelques minutes.
Dans un autre récipient, mélangez les ingrédients secs. 

2 - Mélangez les deux composantes, ajoutez l'huile d'olive et l'extrait de vanille et coulez dans le cercle posé sur un papier sulfurisé au four à 180°C pendant 15 mnutes

3 - Décerclez et laissez refroidir.

Réalisation du sirop 


Faites bouillir ensemble le sucre et l'eau, et ajoutez le kirsch et les gouttes d'eau de rose.


Montage


1 - Préparez votre cercle en le chemisant d'un rhodoïd, puis déposez votre premier disque de biscuit. Je préfère le préciser mais montez votre framboisier sur un rond or ou l'assiette que vous destinez au service, il sera difficile de le déplacer ensuite.

2 - Imbibez généreusement le disque de biscuit, puis disposez selon votre envie soi des framboises, soit un mix frabmboises/litchi sur le pourtours du cercle.

3 - Sortez votre crème et la margarine à la même température (très important), du frigo. Commencez par fouetter votre margarine seule au batteur pour la rendre souple, puis ajoutez la crème et faites juste monter, à vitesse moyenne.
Si la crème tranche, ne fouettez pas plus fort, chaufffez éventuellement le mélange, mais ne vous acharnez pas ; vous risqueriez de faire pire!

4 - Appliquez de la crème contre votre tour de fruits puis dans le fond, et déposez une belle couche de litchi et framboises. 
Recouvrez de crème.

5 - Imbibez le deuxième disque de génoise, puis déposez le sur la crème.
Remettez une dernière couche de crème pour recouvrir le biscuit, puis mettez au frais à prendre.

6 - Etalez votre pâte d'amandes, et déposez là sur votre framboisier.
Passez un couteau sur tout le tour pour un rendu bien net.


Ce framboisier est à déguster bien frais, avec de préférence une joli coupette de champagne! ;-) (une hein, pas douze, on veut pas te retrouver en train de faire tourner ta serviette sur la table!)

La crème est un peu capricieuse, je cherche une nouvelle recette moins têtue, mais n'ayant pas trouvé d'alternative qui m'apporte une entière satisfaction pour le moment, je vous partage celle-ci.
En espérant que vous parveniez au résultat escompté.

Je vous laisse, j'ai poney licorne.

Bisous

Délia ♥ 






vendredi 11 août 2017

17%

"Aujourd'hui, papa et maman s'agitent. Je sens qu'on va partir en vacances. Et moi j'aime bien les vacances : on part à la plage, on joue dans la mer, on court dans le sable, on s'allonge au soleil et on respire l'air marin.
L'an dernier, j'ai même eu le droit de lécher un peu de la glace à la vanille de papa ; c'était bon et froid, je m'en souviens encore comme si c'était hier.

Ils sont pressés, ils n'arrêtent pas de me repousser avec agacement quand je leur saute dans les jambes pour leur dire combien je suis content d'enfin retourner voir le bleu de l'océan, alors je reste sage. Maman peste, elle finalise les derniers préparatifs et force un peu le coffre pour faire entrer les derniers bagages ; papa dit qu'elle en emporte toujours trop.
Je ne l'ai pas vue prendre mon goûter, j'espère qu'elle pensera à m'en acheter un un sur les airs d'autoroute quand on s'arrêtera faire pipi, parce que j'ai un peu faim. J'adore quand on fait des pauses, ça sent les croissants et le café chaud.

Sur la banquette arrière je regarde défiler le paysage, il fait beau, le ciel est bleu et je rêve déjà aux grains de sable qui croqueront sous ma dent en rentrant de la plage, ou ceux qui se coinceront dans mes oreilles.
Personne ne parle dans la voiture, maman et papa ont l'air contrariés, ils ont mis le son de la radio un peu fort mais je n'ose pas leur dire car je sens que ça pourrait leur déplaire alors je décide de faire une sieste, tant bien que mal.

Je suis réveillé par les bras de papa ; ça doit être l'heure de la pause! Je suis content de me dégourdir les pattes!
Papa me laisse libre, sans laisse, je prends le temps de trouver un bel arbre confortable, mais il n'y en a pas beaucoup.
Soudain, je me retourne, et j'entends crisser les pneus de la voiture. Je cours à perdre haleine derrière la voiture, en aboyant, mais ils ne m'entendent pas, ils sont déjà trop loin.

Il fait chaud, j'ai soif, et je suis triste et apeuré. Papa et maman vont certainement revenir me chercher, quand il se seront rendu compte que je ne suis plus dans la voiture.

La nuit commence à tomber, je n'ai pas bougé d'un cil.
Mon ventre gargouille à en faire blêmir un orage. J'ai un peu froid et je suis terrifié; des petites bêtes me grimpent dessus, je ne comprends pas. Je n'ai pourtant pas mangé le chausson de papa depuis longtemps.
Je n'ai pas fait pipi sur le tapis depuis des années.
Hier encore, papa me lançait la balle rouge qui fait *couic*. J'étais heureux, eux aussi, enfin je croyais ...

Silencieusement, je rabats mon museau entre mes deux pattes, pour essuyer quelques larmes que je n'arrive pas à ravaler devant l'évidence : ils m'ont abandonné. Comme le chien dans la télé.

Je ne reverrai jamais l'océan, mais pire encore, je ne sais pas si je réussirai à survivre seul. J'ai peur, j'ai perdu tous mes repères et j'ai mal dans le coeur. Je ne pense qu'à une chose, retrouver mon papa et ma maman.

Je les aime, et ils me manquent."

museau de chat


Je suis profondément choquée d'apprendre que cette année, les chiffres concernant l'abandon ont encore gonflé. J'ai entendu ce 17% au milieu d'une émission radio, et j'ai trouvé ça énorme.
Je me dis parfois que ceux qui mangent de la viande ont une vision différente de la mienne concernant leur steak, soit, mais comment peut-on abandonner un animal qui nous aime et qu'on accueille, comme une vulgaire chaussette trouée?
Un être aimant, sensible, qui sait ressentir la moindre once de désarroi au fond de nos yeux, qui n'est pas capable de méchanceté et sera toujours là pour nous?

Je ne conçois pas qu'en 2017, rien ne soit appliqué légalement pour punir ceux qui abandonnent leurs animaux, parce qu'ils sont trop bruyants, trop vivants, trop gloutons, trop poilus, pas assez câlins, pas assez joueurs, pas assez petits, plus assez mignons.
Un animal est un membre de la famille. Pas un jouet, pas un objet. Pas un effet de mode.
C'est une responsabilité, on signe pour une vie, la sienne : pour la rendre belle, et douce, pour partager des moments de joie et de peine, ensemble.
C'est surtout un coeur énorme qui sentira la lame froide de l'abandon le pénétrer, comme une mort lente et douloureuse et un vide qu'il sera difficile de combler.

Moi ce que je crois, c'est que toi, qui laissera ton animal sur le bord d'un chemin pour partir en vacances ou même pour une autre raison, tu laisses aussi ton âme et ton humanité, sur ce rebord de route solitaire.

Merci à toutes les associations qui essaient de redonner des couleurs au quotidien de ces êtres qui n'ont rien demandé, douloureusement abandonnés sans raison.

Délia ♥ le coeur en mille morceaux








mercredi 9 août 2017

Macaron fraise et pistache [vegan]

Je crois que chaque année c'est le même topo : je laisse passer les semaines et oublie de vous partager certaines recettes. Résultat, la saison est presque passée quand je vous partage certaines gourmandises!
MAIS, et je dis mais, cette fois-ci, on peut encore se rattraper avec les variétés remontantes, et ça tu vois, c'est un peu comme le son du glas de ma dernière chance.

J'ai plusieurs fois cherché des recettes de macarons vegan sur internet, et je n'en ai pas trouvé une seule qui avait les résultats que j'espérais. Pas une seule.
J'ai décidé de fait de me lancer en me disant que le blanc d'oeuf et l'aquafaba c'est kiff kiff bourico. Et ma foi ça a plutôt bien fonctionné.

J'ai utilisé une recette traditionnelle que j'ai trouvée sur un groupe de discussion de cuisine, sans croutage, et ça marche du tonnerre.
Comme pour le macaron traditionnel, il y a quelques règles qui font que la réussite du macaron peut-être parfois périlleuse, je vous invite donc à aller lire ou relire cet article sur les différents loupés courants et sur ma méthode de travail pour avoir des macarons lisses, avec des belles collerettes.

En vegan on a un macaron un peu différent ; il est plus dur et supporte à mes yeux moins bien la conservation.
Il sera bon ton de préparer le macaron quelques heures avant de le consommer donc, mais pas trop longtemps, sinon on se retrouve avec un truc vraiment tout mouillé et pas franchement sexy.

Pour l'aquafaba, j'ai eu beau essayer récemment, je n'ai pas encore trouvé de méthode pour avoir de 1) de bons pois chiches tendres 2) un aquafaba qui mousse bien, donc je ne peux que vous conseiller de vous rabattre de temps à autre sur une boîte de conserve pour faire des macarons. Ou alors de vous procurer le livre aquafaba qui visiblement explique ça bien mieux que moi haha.

Vous pouvez évidemment utiliser des framboises ou des mûres pour garnir votre macaron à partager. La crème peut également s'aromatiser ou non à loisir, donc la pâte de pistache est en option totale.


Macaron entremets fraise et pistache


Pour 6 personnes

Matériel bien utile : Batteur électrique
Poche à douille
Douille unie de préférence de gros diamètre

Difficulté : A un poil de chat d'être casse-tête
Temps de préparation : une petite heure

Le macaron vegan


75 g d'aquafaba (ou plus platement appelé eau de cuisson des pois chiches hein)
90 g de sucre en poudre
80 g de poudre d'amandes
80 g de sucre glace
Optionnel mais bien jolis : une pointe de couteau de colorant vert

1 - Commencez pas peser tous vos ingrédients, ça vous évitera de vous précipiter par la suite. Vous pouvez mettre le sucre glace et la poudre d'amandes directement dans un grand saladier.

2 - Dans votre cuve de batteur ou dans un cul de poule, fouettez votre eau de jus de pois chiche jusqu'à ce qu'il soit bien blanc et monté. Ajoutez le sucre en poudre en pluie fine et fouettez encore jusqu'à obtenir une meringue très ferme qui fait un beau bec quand on soulève son fouet.

3 - Ajoutez alors votre poudre que vous aurez pris soin de tamiser, et macaronnez à l'aide d'une spatule ou d'une maryse. Cela signifique qu'il faut bien doser son geste et faire retomber les blancs sans les casser complètement en les incorporant aux poudres. C'est un coup de main à prendre, mais les blancs de pois chiches sont plus stables que l'oeuf pour moi, ce sera donc en votre faveur!

4 - Ne mélangez pas trop cependant ; l'appareil doit se tenir. Vous devez arrêter quand les poudres sont à peine incorporées, et que l'appareil comment à briller quand vous passez votre spatule, signe que le macaronnage a bien fait son job.

5 - Garnissez votre poche à douille et réalisez deux spirales (identiques, le haut, et le bas du macaron) en partant du centre. Niveau taille, 20 centimètres de diamètre seront normalement la bonne taille. Si il vous reste ensuite de l'appareil, soit vous pouvez ajouter un tour à votre spirale, soit faire des macarons individuels.

6 - Mettez à cuire à 140°C pendant une trentaine de minutes.
Lorsqu'il est cuit, le macaron doit être ferme sur le dessus et bien se décoller de la plaque de cuisson.
Laissez le refroidir.


La crème pâtissière pistache vegan


250 g de lait de soja nature
40 g de maïzena
50 g de sucre
25 g de margarine vegan
1 g d'agar (1/2 cuillère à café)
2 cuillères à café de pâte de pistache (bio de préférence, vous aurez un bel arôme de pistache très naturel)

Dans une casserole, mélangez tous les ingrédients énergiquement (sauf la margarine) pour que la maïzena soit bien dissoute.
Mettez à chauffer à feu moyen, en remuant en continu. Quand le mélange commence à bien prendre (c'est très rapide), retirez du feu en continuant à remuer, et ajoutez la margarine.
Après l'avoir bien incorporée, transvasez dans un récipient et filmez au contact.
Mettez en frais jusqu'à complet refroidissement.



Montage

250 g de fraises françaises et bio (c'est mieux, après vous faites comme vous le sentez si vous aimez les cailloux d'égypte :p !)

1 - Fouettez la crème à la pistache pour la rendre fluide de nouveau.

2 - Garnissez une poche à douille et faites un rebord de crème à environ un pouce du bord, pour pouvoir coller les fraises dessus.

3 - Ajoutez les fraises en ajustant leur hauteur en en découpant une partie : vous pourrez les utiliser pour garnir l'intérieur du macaron par la suite.

4 - Une fois les fraises collées sur tout le bord du macaron, pochez une grande partie de la crème en en conservant un quart environ.
Déposez les fraises coupées en morceaux, puis recouvrez de la crème restante.

5 - Refermez le macaron et mettez au frais pendant une bonne heure avant de déguster, pour que la crème ait eu le temps d'humidifier le macaron.


En espérant que vous réussisiez à faire votre macaron comme vous l'entendez.

Je vous laisse, j'ai des photos de l'an dernier à traiter (et c'est vrai, en plus, hahem).

Délia ♥ avec un ou deux trains de retard (j'aurais du bosser à la scnf)


dimanche 6 août 2017

Con-sommateur ou consomm-acteur?

Avec un titre pareil, pas besoin de vous dire que je vais jouer le jeu de l'avocat du diable dans cet article et que ça risque de piquer un peu, mais un bon coup de vent pour rallumer les braises est parfois nécessaire pour animer certains débats.

Je fais quotidiennement des choix de consommation qui ne sont pas forcément très intégrés de manière générale, mais surtout, pas toujours compris et parfois perçus comme un luxe qu'ils ne sont pas.
Manger bio, végétarien (voire presque le plus souvent végétalien), savoir comment sont produits les aliments, sont des points qui font souvent de moi la reloue ou celle "qui réfléchit trop" #palmedorducommentaire.

Une histoire de volonté et de responsabilité


Je précise que mon but n'est pas de pointer du doigt ou d'accuser négativement, mais bien de donner à chacun ce qui lui appartient : sa responsabilité.



En effet, de nos jours, on est souvent tentés de rejeter nos fautes en tant que consommateur sur ceux qui sont au dessus : les industriels, les institutions, les lois, l'Europe, la France, les politiques ... Et ce sans essayer de savoir ce qui serait faisable à l'échelle individuelle, là, tout de suite.
On cherche donc continuellement les imperfections de choses intouchables du doigt pour ne pas s'impliquer vraiment.

Vous devez certainement en avoir assez de cette phrase de Coluche, mais si personne n'en achetait, ça ne se fabriquerait pas!

Que l'on parle du made in France pour éviter l'exploitation des enfants à l'autre bout du monde ou bien de la consommation d'huile de palme, nous sommes les premiers concernés, même si nous sommes le dernier maillon de la chaîne.

Petit exemple pratique et très parlant.
Si les insectes venaient à disparaître, certains oiseaux et plus gros prédateurs seraient impactés rapidement. A terme, la disparition de ces petites bêtes, si nombreuses et individuellement peu impactantes, créé un déséquilibre majeur de l'écosystème.
Et bien si je vous disais que nous sommes tous des fourmis, et que les gros prédateurs sont nos "industriels, institutions et lois"?

Tous complices

Si nous fermons tous les yeux sur les méthodes de production, nous achetons, et nous engraissons le système que nous critiquons du bout des lèvres tout en appréciant le luxe de praticité qu'il nous offre.
Une chose est certaine, on ne peut pas avoir le beurre, l'argent du beurre, et la crémière qui va avec, avec éventuellement la ferme en super promo pour le week-end.
Alors oui, faire attention à la provenance de ses produits, c'est parfois ne même pas trouver de légumes français de saison en pleine saison, c'est supprimer une partie des marques ou ingrédients, c'est passer pour une casse burnes parce qu'on est tatillonne, c'est aussi plus cher parfois, mais finalement, c'est faire avancer sa cause à son échelle, et à une autre, beaucoup plus globale et importante.

Au delà de notre confort alimentaire et de l’opulence de consommation insufflés par la grande distribution, il y a des enjeux plus importants, qui méritent à mon avis de revoir nos priorités. Nous avons tous des choix à faire, mais se cacher derrière des excuses ne nous sauvera pas des affres de nos modes de consommation : ni la déforestation, ni les massacres animaux ou humains à l'autre bout du monde, ni notre santé ne nous remercieront un jour où l'autre de nous être cachés derrière des remparts d'excuses plus ou moins valables.

Faire des choix


Alors on peut choisir deux options : consommateur, en ronchonnant vite fait pour dire que "c'est intolérable ... Mais moi je ne peux pas changer parce que ... " et participer activement au système.
Ou choisir de devenir consommacteur. On fait des concessions, au prix d'efforts, certes, de notre temps, de notre argent, en choisissant des modes de production plus justes et moraux.
Ce qui est certain c'est que nous avons tous deux pouvoirs et que la liberté nous appartient de les utiliser en bien ou non.
Mais je dois dire que j'ai plus de respect pour quelqu'un qui affirme qu'il sait et ne fera rien sciemment que quelqu'un qui sait mais rejette la faute au lieu de la porter consciencieusement sur ses épaules.


Ca peut paraître dur, mais quand on fait des choix, on a le sentiment quand on entend ce genre de phrases qu'il est facile de changer et qu'on est favorisés, qu'on peut, nous, faire ce choix.
Comme si nos efforts étaient niés, comme si on avait une chance en plus, quelque chose qui rendait notre labeur plus doux, et que modifier tout notre mode de consommation était plus simple.

Non, devenir consommacteur, c'est du boulot. Ca veut dire repenser toute sa consommation, ça ne se fait pas en un jour, ça demande aussi de repenser au sens de ses achats, à ses vrais besoins, et finalement, à sa vie, à laquelle on retire tout le pan matériel compulsif.

Chaque jour on découvre des nouvelles absurdités du système, on a le sentiment de ne jamais venir à bout de cet hydre dont les têtes poussent par centaine quand on en coupe une, mais croyez moi : ça vaut le coup d'essayer.

Et je vous laisse sur cette citation très parlante de l'Abbé Pierre :

“C’est quand chacun de nous attend que l’autre commence qu’il ne se passe rien.”

Plutôt Con-sommateur ou consomm-acteur? ;-)
Si ton avis diverge, n'hésite pas à m'expliquer ton point de vue!


Délia ♥ consommactrice en attente de son oscar, la guérison de la planète et du coeur des hommes


jeudi 3 août 2017

Tagliatelles de courgettes à la noix de coco et aux épices

L'été c'est la saison des courgettes. Autant que des tomates d'ailleurs.
Mon frigo en est rempli pendant presque quatre mois de cueillettes régulières et agréables, et c'est pour mon plus grand plaisir. On peut pas dire que la saison des choux me rende aussi heureuse, si on doit être honnêtes.
Du coup c'est sûr qu'il faut trouver comment les cuisiner parce qu'à force, on tourne un peu en rond avec les courgettes. Surtout quand on en cueille des qui font la taille d'une cuisse et qui prennent la moitié du frigo.

Ca t'es déjà arrivé par moments d'avoir le sentiment de ne pas trop te renouveler en cuisine? Parce que ouai, si en gâteaux j'envoie la purée, coté salé j'ai tendance à manger trop souvent la même chose à mon goût. J'aime la variété, donc fatalement, quand je vois que le même menu revient deux fois en un mois, j'ai l'impression de bégayer.

tagliatelles de courgettes

Du coup ça a été un peu coup de cœur l'autre jour quand au détour d'internet (tu sais, le même détour qui te fait finir sur une vidéo de chat qui dort sur un aspirateur automatique à 3 heures du matin), je suis tombée sur cette recette de courgettes cuisinées de manière quelque peu exotique sur le blog de Rose & Cook.
Parce que tu vois, la courgette moi, j'la cuisine vraiment comme une bonne franchouillarde, avec des belles tomates en sempiternelle ratatouille, éventuellement des pois chiches, mais pas tellement des trucs de folie qui viennent de loin.

C'est une recette simple et efficace, que j'ai un peu twistée avec ce que j'avais sous le coude ce jour là, mais qui s'est avéré être une belle découverte. J'ai eu l'impression de faire se rencontrer Ginette de la Creuse et Thierry le réunionnais (j'espère qu'il existe au moins un réunionais sur cette terre qui s'appelle Thierry, histoire de donner un peu de consistance à mon récit). Choc des cultures, elle lui fait découvrir le calme des rivières et le vert de la forêt et lui, lui raconte le bleu de la mer et le bruit des vagues. #lamourestdanslacourgette

Si toi aussi t'espères bien trouver l'amour au fond d'une casserole, en voiture (ou en avion, la réunion, c'est pas la porte d'à coté)!

courgettes au lait de coco et riz basmati

Tagliatelles de courgettes au lait de coco et aux épices


Ingrédients pour deux personnes


Deux courgettes moyennes (comme celles dans les magasins quoi, après tu peux convertir selon la taille de tes propres courgettes)
une brique de crème de coco (de préférence bio)
une belle cuillère à soupe d'huile de coco qui sent bon le soleil
Une cuillère à café d'un mélange d'épices type curry (j'ai pris le curry colombo de chez "Masalshi")
OU
un mélange de votre cru avec des notes de coriandre moulue, de cumin, de curcuma ...
Une gousse d'ail
un petit bouquet de coriandre (ou de basilic thaï comme dans la recette originale, même si c'est moins facile à trouver, quel goût!)
Un peu de sel
Facultatif : des noix de cajou

1 - A l'aide de ce que tu auras, fais soit des spaghettis de courgette (là, chapeau, t'es le genre de gars bien équipé), ou juste si t'es un prolétaire de la cuisine comme moi, à l'économe, fais des tranches de courgette, comme des tagliatelles. Tu vas voisr, c'est drôle ; le premier quart de courgette.

2 - Dans une poêle qui n'accroche pas, fais chauffer à feu vif l'huile de coco et ajoute tes courgettes.
Ecrase ta gousse d'ail après avoir retiré l'éventuel germe à l'intérieur (on m'a toujours dit que c'est pas digeste, au pire ça te coûte pas grand chose), balance-la dans la poêle avec délicatesse.

3 - Laisse revenir en baissant un peu le feu et en prenant soin de remuer régulièrement, et quand les courgettes commencent à devenir un peu translucides, BOUM, ajoute ta crème de coco, les épices et un peu de sel. Si tu veux en ajouter, c'est le moment de mettre aussi les noix de cajou, pour qu'elles ramollissent légèrement.
Prolonge quelques minutes ta cuisson, pour que la crème enrobe généreusement (comme le degré d'alcool du rhum agricole qui sert à faire les rhums arrangés) les courgettes.

4 - Cisèle finement la coriandre, en gardant éventuellement des feuilles pour faire un peu comme au resto (rien n'est trop beau pour des courgettes), et sers, soit en accompagnement, soit avec du riz mélangé à des lentilles corail par exemple.

courgettes au lait de coco et à la coriandre

C'est pas le tout mais allez savoir pourquoi, tout ça m'a donné envie de mer bleue, de plage paradisiaque déserte, et de rhum arrangé (au hasard).

Je vous souhaite le même malheur, c'est plutôt agréable.

Je vous embrasse.

Délia ♥