mercredi 6 avril 2016

Le quart de siècle


Il y a 25 ans, j'étais ce tout petit lardon, dans mon lit d'hôpital qui ressemblait à un incubateur pour bébé tout rouge et tout moche. J'ai toujours trouvé que les bébés ressemblent à des sacs qu'on vient de sortir de l'emballage, comme s'ils avaient besoin d'un peu de temps pour trouver leur vraie forme et tout.

Il y a 24 ans, j'avais déjà des dents, je piaillais.

Il y a 23 ans, je savais me dandiner.

Et puis les années sont passées, se sont envolées, j'ai appris à parler (beaucoup, souvent), à rire, à raconter ma vie aux passants, à apprécier les fruits rouges (surtout les fraises), à devenir extravertie, à aimer de tout mon coeur, à vouloir être vétérinaire, puis écrivaine, puis je ne savais plus.
J'ai appris à bien apprendre mes leçons à l'école (première de la classe!), j'ai suivi scrupuleusement tout ce qu'on me disait, les règles, les lois, la politesse.
J'ai vécu des moments un peu difficiles, comme tout le monde, ceux où tu te dis que t'es déjà bien assez vieux, que t'as déjà vécu des sales moments et que tu te demandes si t'en auras encore beaucoup des comme ça et si ça vaut bien le coup, ce truc qu'on appelle la vie.

Et puis j'ai éclos. 
Petit à petit, pétale par pétale. 

J'ai commencé par trouver ma voix en tant que personne. J'ai su que je serai peut-être un peu bizarre, pas forcément appréciée, mais que c'était décidé et qu'on continuerai comme ça.
J'ai appris que j'avais le droit de dire que je n'aimais pas, que j'aimais, que je voulais.

J'ai aussi trouvé ma voix, un beau jour, au milieu d'un cours de japonais. Il fallait faire des petits gâteaux pour le white day, et voilà que je me suis découvert, à une heure du matin, acharnée sur mes biscuits glacés, une passion.
Une qui ne m'a pas lâchée pendant trois ans, jusqu'à ce que j'aie ma licence et que je tire ma révérence des études longues pour enfiler les chaussures de sécurité et le pantalon pied de poule.

Tout ça pour en arriver, sans trop se poser de question, à ce que je suis aujourd'hui.

A l'aube de ma 25ème année, je me sens toute neuve, parfaitement là où j'aurais pu être de mieux par rapport à ce que j'avais en main.
Je ne regrette aucun choix, j'accepte mes erreurs et j'espère continuer à avoir le bon feeling.

Certains le savent, d'autres pas, j'ai également un travail tout neuf qui m'attend! Il est taillé plus à mon goût, plus végétal, mais toujours aussi gourmand. J'ai le sentiment que j'ai fait le bon choix, comme d'habitude je n'ai rien pour me le confirmer, si ce n'est ce sixième sens, comme une petite voix qui crie dedans.

J'aimerais me fixer des objectifs, me dire que dans x années j'aurai réalisé telle chose.
Mais je crois que j'aime beaucoup trop me fier à mon instinct, et qu'il m'aide à poser les choses et continuer sereinement.

Je ne souhaite qu'une seule chose pour les années qui viennent : voyager plus!
Je vois comme c'est enrichissant, comme ça te remplit l'âme, et ça donne envie d'aller vers plus de tolérance, de connaissance de l'autre, de respect, d'idées, de diversité.

Certains voient les années passer avec anxiété, moi je les vois comme un level up.

Et vous alors, vieillir ça vous fait quoi? (perds un oeil avec ce surlignage c'est cadeau)

Délia ♥ Qui se dit quand même que si on multiplie ça par deux, ça fait 50 piges.


6 commentaires :

  1. La prise de conscience d'une accélération et une urgence de vivre, pour moi!

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    1. Pas plus mal dans un sens, sauf si tu le vis avec pression! :)

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  2. Joyeux anniversaire petit chat! ♥
    Je suis contente de te lire épanouie, et te souhaite plein plein de bonheur pour la suite!
    Vieillir c'est ma hantise, alors j'essaye de ne pas penser à mon anniv' qui approche :'(
    Des bisous!

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    1. Merciiiii ! :)
      C'est vraiment très bienveillant et adorable de ta part!
      Arf, vieillir forcément ça fait un peu peur quelque part, on sait qu'on ne refera pas ce qu'il s'est déjà passé et qu'on va plus vers la fin que le début, mais faut plutôt regarder ça en se disant qu'on fait au mieux :)
      Bisous et joyeux non anniversaire!

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  3. Coucou Délia , bon ben j'ai perdu mon œil de 51 piges!!! sur ton surligneur :D
    Je vais là faire courte "Le bon bois ne pousse pas dans la facilité ; plus le vent souffle fort, plus l’arbre est robuste" (Willard Marriott).
    J'aime toujours autant te lire ... des bisous & FONCE!!!

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    1. Hahaha! Je savais bien que mes plans machiavéliques aboutiraient!
      J'aime cette citation, c'est un excellent leitmotiv, de quoi foncer contre vents et marées!!
      Merci à toi pour ta fidélité (et ton attente d'un mois donc pour réponse à ce commentaire, le jetlag quoi !!) et tes petits mots toujours si boostants! :-*

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